alpilles13 ALPILLES13

31/01/2012

Le Prix du livre Inter...



Comment ne pas faire partie des jurés du Prix du livre Inter ?

Le plus simple consiste à ne pas poser sa candidature ! Merci monsieur de La Palisse. Car, quelle chance le/la candidat(e) a-t-il (elle) d’être choisi(e) parmi près de 4000 postulants ? Malgré cette sélection impitoyable, celui ou celle qui souhaite néanmoins jeter sa bouteille à la mer, je lui conseille d’envoyer sa petite lettre illico, dûment motivée, avant l’avalanche des derniers jours de clôture.

Montrer patte blanche, connaître ses classiques, donner des preuves d’être un(e) lecteur(trice) boulimique ayant la faculté de déglutir une pléiade de bouquins en trois mois.

Avec Amélie Nothomb comme présidente du Jury, les francophones exilés en Belgique et en Suisse ont leur chance, contrairement à ses dernières années où ils ont été superbement ignorés. Ça ne lit pas dans ces pays là !

Avec la certitude qu’en cas d’ex aequo, cette gente dame ne donnera pas sa préférence à un auteur de sa maison d’édition comme ce fut le cas en juin 2008 avec Alberto Mangel… Quelle joie tout de même pour Henry Bauchau et Le Boulevard périphérique, Actes Sud.

Et voici le tout nouveau moyen de lire un livre...

http://www.youtube.com/watch?v=Q_uaI28LGJk&feature=re...

08/01/2012

"DESTRUCTION MASSIVE", suite et fin (faim)...

Le dernier livre de Jean Ziegler :
Destruction massive
Où la  Géopolitique de la faim, Editions du Seuil, 350 pages, 20 €


Pour vous permettre de découvrir le livre de Ziegler, j’ai inséré en gras et en italique les titres des chapitres dans un bref texte d’introduction.

Sixième partie : Les spéculateurs


La comparaison avec Les "requins tigres"  correspond bien avec les spéculateurs qui agissent à la Bourse des matières agricoles de Chicago. Leurs agissements de prédateurs consistent à conclure des contrats, à prendre des options d’achat et de vente à terme en fonction de l’offre et de la demande, de l’évolution des cours, misant sur les aléas climatiques, les excédents ou les mauvaises récoltes. C’est un métier à risque où certains laissent des plumes alors que d’autres amassent des profits considérables. Les requins tigres sont voraces et sans scrupules pour agir sur les marchés dérivés, notamment par le canal des Hedge Funds américains de sinistre mémoire. Pas étonnant que les prix mondiaux des céréales ont fait un bond vertigineux lors de la crise de 2008.


Pour participer au Forum économique de Davos, il faut être membre du Club des 1000 réunissant les maîtres du monde triés sur le volet qui paient un droit d’entrée annuel de 10.000 dollars. Lors du discours d’ouverture, en janvier 2011, il s’est agit de condamner les «spéculateurs» qui, par pur appât du gain, ruinent les marchés alimentaires et aggravent la faim dans le monde. Après 6 jours de séminaires, de conférences, de rencontres, de cocktails, de dîners… pour commenter la question, les décideurs de la planète ont décidé de ne rien décider… pendant que les requins tigres présents à ce rendez-vous annuel hypocrite affinaient leurs stratégies ! Et de se souvenir du livre de Jean Ziegler qui fit scandale en 1990 : « La Suisse lave plus blanc »…


Les banquiers suisses ne se contentent pas d’accueillir la fortune de milliers d’étrangers ou les 200.000 holdings enregistrées dans le minuscule canton de Zoug qui ne paient que 0,02% d’impôts ! Genève, capitale mondiale des spéculateurs agroalimentaires n’est pas à proprement parlé un paradis fiscal qui abrite des Hedge Funds ou des sociétés off-shore qui sévissent notamment sur la spéculation alimentaire mondiale. Ceux-ci sont enregistrés aux Bahamas, aux îles Caïmans, à Curaçao, à Jersey, etc. Ce qui s’y passe est beaucoup plus vicieux et anonyme car à travers ses banques, la plupart étrangères d’ailleurs, la Cité de Calvin administre et gère des fonds considérables qui échappent à tout contrôle, à toute fiscalité, aidée en cela par une armada de consultants et d’avocats. A Genève, les requins tigres ont encore de beaux jours devant eux avec l’aval du ministre écologique des finances !


Les déserts des pays du Golf ne nourrissent pas leurs hommes, sauf le pétrole qui les gave de dollars qui servent au Vol des terres, résistance des damnés. C’est le même scénario qui se répète avec la mainmise sur les terres arables comme avec celles de l’or vert. Pour un prix ridicule, avec bakchich à la clef, on expulse, on  vol des millions d’hectares de terre en Afrique pour y semer des plantes hybrides ou génétiquement modifiées. Le terme «win-win» (gagnant-gagnant) est utilisé par les prédateurs pour convaincre les populations qu’ils y gagneront au change, tout au plus des emplois harassants pour quelques dizaines d’habitants ! Les résistants sont interpellés, certains incarcérés…


Les idéologues de la Banque mondiale ont élaboré la justification suivante : les cultivateurs du Bénin, du Burkina Faso, du Niger, du Tchad, du Mali ne produisent en temps normal… que 600 à 700 kilos de mil sur un hectare alors qu’en Europe, 1 hectare produit 10 tonnes de blé ! CQFD.

 

Lors d’une assemblée du Conseil des droits de l’homme, à Genève, celle-ci devait se prononcer sur une Convention permettant aux paysans spoliés de défendre leurs droits à la terre. Après mains palabres, elle fut rejetée avec La complicité des Etats occidentaux, y compris la France pour ne pas porter préjudice à Bolloré, Vilgrain et autre Fruitière de Marseille !


Dans son dernier chapitre L’espérance, Jean Ziegler cite le Mahatma Gandhi : «Le monde a assez pour satisfaire les besoins de tous, mais pas assez pour satisfaire la cupidité de tous ». A mon humble avis, rien n’a réellement changé depuis Gandhi. Où donc Ziegler va-t-il chercher l’espérance ? Peut-être dans un proverbe chinois cité par Che Guevara : "Les murs des puissants s’écroulent par leurs fissures" !

Ziegler à BFM:

http://www.dailymotion.com/video/xn78vl_bourdin-2012-jean-ziegler_news

 

Voir ou revoir la vidéo de Jean Ziegler :

http://www.seuil.com/video-75.htm

 

Extraits:

http://www.seuil.com/extraits/9782021060560.pdf

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06/01/2012

« Destruction massive » 2ème et 3ème partie

 


Le dernier livre de Jean Ziegler :
Destruction massive
Où la Géopolitique de la faim, Editions du Seuil, 350 pages, 20 €


Pour vous permettre de découvrir le livre de Ziegler, j’ai inséré en gras et en italique les titres des chapitres dans un bref texte d’introduction.


Au-delà de poignants témoignages, on peut l’assimiler à un récit de voyage au cœur de la misère, de la faim et de la mort.


Et je ne vais pas suggérer aux personnes sensibles de s’abstenir, bien au contraire!

 

Deuxième partie : Le réveil des consciences

Le sociologue genevois consacre deux chapitres à Josué de Castro, un médecin métis du Nordeste brésilien. Sa vie durant, il a combattu les problèmes de l’alimentation et de la nutrition en Amérique du Sud par des travaux scientifiques et une cinquantaine d’ouvrages de référence.

Selon Alain Bué, la thèse de son œuvre peut se résumer ainsi : « Quiconque a de l’argent mange, qui n’en a pas meurt de faim ou devient invalide ». C’est en hommage au célèbre livre de José de Castro « Géopolitique de la faim », paru en 1951, que Ziegler a sous-titré son ouvrage. La pensée et l’action de cet homme hors du commun ont été déterminantes dans le réveil des consciences qui, hélas, s’est endormi depuis !

Sa nomination comme ambassadeur auprès des Nations unies à Genève lui  a certainement sauvé la vie lors de la prise du pouvoir par le général Castello Branco en 1964. Il fut accueilli en France et enseigna au Centre universitaire expérimental de Vincennes jusqu’à sa mort en 1973.


Il va sans dire que Le « plan faim » d’Adolf Hitler faisait partie de sa stratégie pour asservir les populations d’Europe et particulièrement celles de l’Est. Son ministre du Travail n’avait-il pas déclaré : « Une race inférieure a besoin de moins d’espace, de moins de vêtements et de moins de nourriture que la race allemande ! » Staline, lui aussi, s’est illustré en massacrant par la faim.


Après guerre, la France a souffert durant de longues années de pénurie alimentaire. Le plan Marshall y a remédié peu à peu puis surgit Une lumière dans la nuit : les Nations unies. La Déclaration universelle des droits de l’homme en 1948 et la création d’organisations spécialisées (FAO, OMS, OIT, OMM, etc.) ont brisé le tabou de la faim. Le tabou… mais pas la faim !

Troisième partie : Les ennemis du droit à l’alimentation

L’auteur règles ses comptes dans Les croisés du néolibéralisme. Il n’y va pas de main morte pour dénoncer les organisations mercenaires des Etats-Unis que sont l’OMC, le FMI  et la Banque mondiale ! « Pour eux, il n’est de droits de l’homme que civils et politiques », dit-il.

Il fustige le monopole qu’exercent les 200 premières sociétés de l’agroalimentaire, parmi elles, celles qui dominent le marché des semences, des engrais et des pesticides. Page après page, Ziegler dissèque les mécanismes et le comportement de ces rapaces qui contrôlent la production et la distribution de l’alimentation mondiale. Il témoigne de ce qu’il a vu sur place au cours de ses nombreux périples, des dispensaires privés de tout, des mourants par milliers, des ONG qui se débattent tant bien que mal, de la FAO et du PAM qui n’ont plus qu’un rôle résiduel.


Son chapitre intitulé : Les cavaliers de l’Apocalypse est en fait le procès des  banquiers  sans scrupules que sont le FMI et la Banque mondiale avec l’appui inconditionnel de l’OMC, l’Organisation mondiale du commerce. Comment gérer les dettes de 122 pays du tiers-monde sans exiger d’eux en remboursement la quasi-totalité de leurs maigres ressources ?


Savonarole au bord du Léman, c’est ainsi que Ziegler nomme le socialiste français Pascal Lamy, directeur de l’OMC, l’organisme cité plus haut, dont le rôle est de défendre le libre-échange qui tue…Cet homme-là n’a pas d’état d’âme quand il s’attaque à la gratuité de l’aide alimentaire ! Encore moins quand il favorise l’exportation en Afrique de céréales subventionnées qui coûtent moins cher que celles produites sur place !

 

...à suivre


Voir ou revoir la vidéo de Jean Ziegler :
http://www.seuil.com/video-75.htm

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04/01/2012

1. "DESTRUCTION MASSIVE",



Le dernier livre de Jean Ziegler
Où la « Géopolitique de la faim », Editions du Seuil, 350 pages, 20 €


Pour vous permettre de découvrir le livre de Ziegler, j’ai inséré en gras et en italique les titres des chapitres dans un bref texte d’introduction.
Au-delà de poignants témoignages, on peut l’assimiler à un récit de voyage au cœur de la misère, de la faim et de la mort.
Et je ne vais pas suggérer aux personnes sensibles de s’abstenir, bien au contraire !

Première partie : Le massacre

« La faim tient du crime organisé ».
Cette phrase est en première page du livre de Ziegler. Et de recenser la Géographie de la faim sur cette terre incapable de nourrir ses hommes !


On ne parle jamais de La faim invisible, le deuxième chapitre qui décrit les séquelles de la malnutrition, souvent plus terribles que la faim tout court, car elles détruisent l’homme petit à petit, provoquent des carences irréversibles, des souffrances, pour aboutir à une mort programmée. Il s’ensuit des maladies de la faim comme La tragédie du noma, le cancrum oris qui dévore le visage des enfants comme ce fut le cas dans les camps nazis. Jusqu’à l’OMS et des chefs d’Etat africains, dont le Sénégalais Wade, qui demeurent indifférents face ce fléau car il n’est pas contagieux !


Et l’on en vient aux Crises prolongées provoquées par les cataclysmes, la sècheresse, les criquets, les conflits comme au Proche-Orient, à Gaza, dans les régimes totalitaires, la Corée du Nord.
Les enfants de Crateùs où le Nordeste brésilien n’échappe pas à la mainmise des grands propriétaires sur plus d’un million de kilomètres carrés.


Ziegler fait référence au livre de Mamadou Cissokho : Dieu n’est pas un paysan. Cette figure du monde paysan africain a créé une organisation de petits producteurs sur tout le continent. Il n’y a en effet rien à attendre de la manne céleste… même en survivant avec 1 à 2 dollars par jour !


Lors des réunions du G 8 et du G 20, le problème de la faim est régulièrement abordé. Les chefs d’Etats font des promesses qui se chiffrent par milliards mais en réalité seuls 15 à 20% sont débloqués.


La faim comme fatalité, jusqu’à la considérer comme une sélection naturelle ! C’est en citant les observations antisociales et racistes du pasteur anglais Thomas Malthus, né en 1766, que l’auteur aborde la théorie de ce comportement assassin.

Voir ou revoir la vidéo de Jean Ziegler :
http://www.seuil.com/video-75.htm

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25/12/2011

"DESTRUCTION MASSIVE", le dernier livre de Jean Ziegler


Où la « Géopolitique de la faim », Editions du Seuil, 350 pages, 20

Voir la vidéo du Seuil :

http://www.seuil.com/video-75.htm

Qui mieux que cet éternel combattant contre la misère et la faim peut rédiger un réquisitoire implacable sur la situation actuelle? Le sociologue genevois n'a pas attendu d'être nommé rapporteur spécial de l'ONU pour le droit à l'alimentation de 2000 à 2008. Depuis son premier livre en 1963, La Contre-Révolution en Afrique, il a consacré l'essentiel de son œuvre à dénoncer les mécanismes d'assujettissement des peuples du monde.

el_suizo_jean_ziegleJean Ziegler.jpg

Ce livre n'est pas celui d'un professeur émérite qui observe les événements tragiques du haut de son bureau de l'Université. Tout au long de sa vie, il a parcouru la terre à la rencontre des peuples opprimés, notamment l'Afrique et l'Amérique du Sud. Sa notoriété lui a ouvert les portes des dirigeants du tiers-monde saisissant l'opportunité de les appeler à plus de tolérance, de démocratie et d'humanité envers leur peuple. Certains ont d'ailleurs été ses étudiants !

Les faits que Jean Ziegler dénoncent sont concrets, précis, pris sur le vif, sans appel. Avec sa fougue légendaire, il s'exprime sans concession quitte parfois à « choquer » son auditoire lors des conférences et des interviews.

Ce battant n'y va pas par quatre chemins lorsqu'il cloue au pilori la complicité des Etats occidentaux, les cavaliers de l'Apocalypse (l'OMC, le FMI et la Banque mondiale, propagateurs de la foi néolibérale, de la totale libéralisation des marchés et de la privatisation des services publics), la faim invisible, Genève, capitale mondiale des spéculateurs agroalimentaires, le vol des terres ou la malédiction de la canne à sucre, pour ne citer que quelques chapitres.

ZIEGLER 9782021060560.jpg

Le livre, les documents, les constats, l'analyse sont si denses, véridiques et tragiques qu'il me faudra bien le relire et le relire pour en faire une synthèse, si tant est que je puisse la faire, bien entendu après les fêtes, pour ne pas vous couper l'appétit des bombances de fin d'année !

Réécoutez l'interview de Jean Ziegler lors de l'émission de Daniel Mermet, Là-bas, si j'y suis, du 25 octobre 2011 :

 

http://www.franceinter.fr/emission-la-bas-si-j-y-suis-ent...

13:11 Publié dans Livres | Tags : ziegler, livre, faim | Lien permanent | Commentaires (3)

09/08/2011

lA CRISE, PLUS ACTUELLE QUE JAMAIS !

 

 

Le livre : Dis, Papy, c’est quoi la crise ? a été publié en juin 2009. Il est hélas plus que jamais d’actualité et je le propose gracieusement en numérique aux lecteurs de la Tribune de Genève: :

 

http://fr.calameo.com/read/000120511279aa7145bc4

 

Voici un extrait de la conclusion quelque peu « prémonitoire » :

 

« Comble de malheur, en voilà encore une de crise qui pointe le bout de son nez avec insistance : la crise de confiance !

Celle-ci est bien plus pernicieuse car les citoyens se rendent compte que leurs dirigeants sont dépassés par ce qui arrive, qu'ils interviennent au coup par coup, souvent sans concertation. Parce que les banquiers et les industriels leur dansent sur le ventre, tendant leurs sébiles comme des mendiants, fermant les usines touchées par la chute des ventes et de la production.

La réunion des chefs d'Etats, lors du G 20 du 2 avril 2009 à Londres, n'a pas dissipé le malaise. C'est une sorte d'inventaire à la Prévert, une litanie de bonnes résolutions pour tenter de changer le fonctionnement de la finance mondiale. Ils ont enfin pris conscience de la situation catastrophique dans laquelle se trouve la planète au plan économique et social. Ils ont sans doute compris qu'ils doivent unir leurs efforts, de part et d'autre de l'Atlantique et jusqu'aux confins du Pacifique pour enrayer la descente aux enfers.

L'homme de la rue devra patienter de longs mois avant de déceler des signes de retour à une certaine « normalisation » ! Avec des séquelles imprévisibles.

Dans l'immédiat, c'est la valse des milliards empruntés tous azimuts pour doter le FMI de moyens considérables destinés à sauver certains pays de la faillite. Des milliards que les générations futures devront rembourser ! »

Il est encore disponible en édition papier au prix de 15,00 euros, port compris : fredoberson@bluewin.ch

14:10 Publié dans Mon journal | Tags : crise, actualite, livre | Lien permanent | Commentaires (0)

12/07/2011

L'Arménie au Paradou

 

 

 

Voici le programme et les vidéos

 

Fred Oberson dédicacera le livre : "Les Alpilles au pas de l'âne"

publié à l'occasion du 10ème Festival des Alpilles

 

 

05/06/2008

Le Prix Inter m'interpelle?

Mangel.jpgAlberto Mangel

Comment ne pas se réjouir de l’attribution du PrixInter à Henry Bauchau, pour son livre : « Le Boulevard périphérique » chez ActesSud. C’est une récompense méritée pour l’œuvre de cet auteur prolifique d’origine belge, âgé de 95 ans. La trame de ses romans est toute entière orientée sur le mal être qui le taraude depuis l’enfance. Ecrire est pour lui une nécessité vitale. Comme l’oxygène… qui lui a permis de vivre, d’atteindre son grand âge et de conserver toute sa lucidité sur les événements de la vie et de la sienne en particulier.

 

Lors de la sélection des 24 jurés, j’avais protesté par courriel auprès de Vincent Josse et son émission : « L’Esprit critique » contre le fait qu’aucun membre n’ait été choisi en Belgique et en Suisse francophones. A priori, ces gens-là…ne lisent pas la littérature parisienne ! Pas plus que les millions de Canadiens et d’Africains de langue française. Choix donc éminemment franchouillard fait par cette radio du Service public qui devrait modifier sa raison sociale en « France Intérieure ».

Remercions donc les jurés français d’avoir rectifié le tir en choisissant un auteur belge. Encore que ce verdict m’interpelle. Ne serait-il pas entaché d’un voile de copinage et d’intérêts ? Comme le Goncourt que l’on surnommait avec malveillance : galligraseuil…

Voici les faits : Après cinq heures de délibération les jurés ont attribué 12 voix au livre de Sorg Chalandon, « Mon traitre » (Grasset) et 12 voix à celui de Bauchau chez Actes Sud.

La voix du président, Alberto Mangel, comptant double, il a départagé le jury en l’attribuant en son âme et conscience à Bauchau. Le juré-président est l’auteur de « Une Histoire de la lecture » prix Medicis de l’essai en 1998, publié chez Actes Sud ! Mais je suis mal intentionné de vous dire que Mangel a dirigé la collection « Le Cabinet de lecture » chez Actes Sud et que, pure coïncidence, tous ces livres sont édités par la célèbre maison d’Arles !

23:16 Publié dans Mon journal | Tags : inter, prix, livre | Lien permanent | Commentaires (0)

20/04/2008

En hommage à Aimé Césaire

200643614.jpgFort-de-France, novembre 2001photo © 2001, Susan Wilcox -

 

En hommage au poète, à l'écrivain, à sa vie toute entière consacrée à l'affirmation et à la défense de la négritude, je vous transmets un extrait de ce que j'écrivais à propos de l'Afrique et le la colonisation dans mon livre: "Je crois en Dieu, moi non plus", L'Harmattan 2006

- Bien sûr, Alex, tout ne s’est pas fait en un jour. Pour ne citer que l’Afrique, la France avait installé des comptoirs marchands, au 17ème et 18ème siècle, sur la route des Indes, celle des épices, au Sénégal, à Madagascar, à la Réunion, à Maurice. Dans ces régions, la France avait déjà posé ses grands pieds. Mais les autochtones ne nous avaient pas attendus pour faire fonctionner leur économie locale. Les souks, ça existait bien avant nous. Bien sûr que des milliers de Français, d’Italiens, d’Espagnols, de Maltais de toute condition et de toute profession se sont rués vers ces nouveaux Eldorados. En Afrique du Nord, on les appelait “les pieds noirs”.

La première des colonisations indignes de ce nom, c’est la prise d’Alger en 1830 par la Grande muette, celle qui fait parler la poudre, suivie d’une guerre contre Abd-el-Kader durant quinze ans pour asservir l’Algérie tout entière jusqu’à Tamanrasset.

Bernard nous colporta une information que nous ignorions mais qui nous concernait directement : “La Société des Missionnaires d’Afrique, les Pères Blancs, à été fondée à Alger en 1868.” Et il ajouta :

- C’est en partie grâce aux nombreuses congrégations de missionnaires, présente dans les colonies, que la vie des peuples colonisés a été adoucie. Nous sommes là pour reprendre la relève dans quelques années !

- Tu as raison, lui répondis-je, il fallait bien donner le change aux colons, ces grands propriétaires terriens qui se sont installés pour le franc symbolique sur des superficies immenses où ils ont fait fructifier leurs comptes en banque, les agrumes, la vigne et les céréales qu’ils envoyaient au continent par bateau entier. La main-d’œuvre locale était corvéable à merci et payée au lance-pierre.

Et Maurice, de continuer :

- D’autres territoires, qui n’étaient pas encore des pays, sont tombés comme des mouches, sans qu’on ait tiré un coup de fusil. Il y eut des annexions comme la Nouvelle-Calédonie, des protectorats pour la Tunisie et le Maroc. Regardez la carte d’Afrique, dans sa partie supérieure, d’ouest en est: ces lignes toutes droites, les frontières, ont été tracées avec une règle d’écolier, sans tenir compte des tribus et des ethnies. A part la Chine et le Japon, il n’y a quasiment aucun pays du tiers ou du quart monde, auquel s’ajoute l’Amérique du Nord et du Sud, qui n’ait été envahi par les Européens.

Guy, le petit Suisse qui ne connaissait pas grand-chose de l’histoire de France et encore moins des colonies puisque son pays était resté cloîtré dans ses montagnes, voulait en savoir plus sur la jungle impénétrable et les aventuriers de tout poil qui écumaient ces territoires vierges.

- Alain, depuis ton embarquement virtuel à Marseille, tu as déjà dû rejoindre les côtes d’Afrique noire ! Ne remontes-tu pas maintenant le fleuve Congo à bord d’une pirogue ?

-Ne plaisantez pas, les gars. Je peux vous dire que pour les baroudeurs, les chercheurs de tout et de presque rien, les orpailleurs de la course aux pépites, c’était l’Aventure avec un grand A, mille occasions d’avoir la boule à zéro dans la forêt extra vierge bourrée de serpents à sornettes et le bol de se trouver pif contre pif avec le roi de la jungle le bigleux. Mais le top des tops, le must des musts, le rubis sur la galette de manioc, moyennant une topette de whisky de contrebande au pisteur, c’était l’invitation au célèbre tournoi de pétanque africaine -ça se joue avec des noix de coco- organisé en pleine brousse par laDépêche de Yaoundé avec la célèbre star américaine Johnny Weissmuller, plus connu sous le nom de Tarzan. En option, moyennant supplément payé en monnaie de singe, quinine et potion magique, le Grand sorcier pouvait vous prescrire le grand frisson du palu, un sommeil nickel dans les bras de la mouche tsé-tsé et, en prime bonux, une kyrielle de maladies honteusement colportées par les gamines pubères de la tribu des Matuvu.

Bernard le matheux avait rougi comme une fille qui a maculé son plastron. N’appréciant guère les divagations d’Alain, il lança:

- En tous cas, ne comptez pas sur moi pour justifier et défendre la mainmise de la France sur les trois-quarts du continent africain. Hélas, on ne peut refaire l’histoire, comme on ne peut difficilement imaginer que la colonisation française n’ait pas eu lieu... car nos voisins, les Belges, les Anglais et les autres se seraient empressés de prendre notre place. Ce qui est pris n’est plus à prendre.

A mon tour, je tentai de mettre Maurice au pied du mur car on percevait dans ses propos une tendance à défendre la colonisation.

- N’oublie pas que les colons ont interrompu l’évolution naturelle des peuples et des ethnies de tout un continent. Ils ont fait leurs choux gras de leurs ressources naturelles.

- Mais Alex, nous leur avons apporté les moyens financiers et techniques pour les découvrir et les exploiter, rétorqua Maurice.

- Nous leur avons refilé nos maladies occidentales.

- Ne sais-tu pas, Alex, que nos dispensaires ont soigné, même si c’est au compte-gouttes, leurs maux endémiques ? Nous leur avons apporté notre savoir, nos écoles, une langue de communication à la place du tam-tam et, en échange, ils nous ont offert leurs rythmes, leurs danses, la frénésie de la fête, leurs filles et leurs fils d’ébène et, un peu partout dans l’hexagone des petits enfants mélangés avec leur café et notre lait.

- Crois-tu qu’ils sont heureux en France, les immigrés africains, à mille lieues de leur tribu, à subir les frimas de l’hiver et les quolibets de ceux qui les traitent de sales négros ? On leur refile des boulots de merde, le balayage, les poubelles, les trois-huit en usine et j’en passe. Eux qui adoraient la lune, le soleil et la pluie, nous leur avons apporté notre bon Dieu et notre catéchisme pour en faire des croyants, des abbés, des évêques, des cardinaux et, pourquoi pas, demain, un pape à Rome. Là, je crois que vous n’allez pas me contredire, on est tous d’accord sur le principe puisqu’on va sans doute y aller un jour.

Bernard l’intello s’enhardit à ouvrir sa lippe de cul pincé :

- Nous avons enrôlé leurs fils pour la guerre, en première ligne de chair à canon, les initiant au maniement des armes, à la technologie de la guerre, de la carrière militaire et de la guérilla. Nous leur avons appris à tuer des hommes avec des armes sophistiquées alors qu’ils ne connaissaient que la chasse, les sagaies et les flèches.En revanche, le coup de boumerang, onest en train de le prendre en pleine poire avec les événements d’Algérie.

Et de surenchérir :

- Comme nous, les Blancs, sommes de vicieux récidivistes, on leur vend des armes à tire-larigot pour qu’ils s’entretuent entre ethnies et, le génocide passé, on envoie nos mercenaires en guise de bonne conscience, pour mettre de l’ordre et de la chaux vive dans les charniers. On n’a rien trouvé de plus efficace, à part la lèpre et la tuberculose, pour limiter de manière drastique la démographie galopante qui sévit en Afrique.

18:48 Publié dans Culture | Tags : césaire, livre, extrait, culture | Lien permanent | Commentaires (0)

11/04/2008

St Rémy de Provence

Mardi 8 avril 2008

Autour de Fred Oberson
et de la publication de son dernier livre




Autour de la table, Bernard interroge Fred.



Publier sur un journal ou un magazine papier, publier un livre
ou mettre en ligne et éditer ses écrits via internet présente
des situations sensiblement différentes mais qui peuvent
s'avérer trés complémentaires.
Suite à la présentation de son dernier roman, Fred Oberson
a déclenché un échange assez étayé par
la présence
d'écrivains et de créateurs éditeurs de nos Alpilles,
à ce premier Atelier de l'Info.
Ainsi, comprendre les avantges
et les inconvénients offerts par l"édition papier et numérique,
et également les possibités d'associer les deux est trés intéressant.
Cela illustre combien les moyens de communication ont grandi
et lcombien la part de l'éducation et de la connaissance
sont essentielles pour fonder une réelle communication.
Le Crieur des Alpilles a également appris de ces échanges
combien regrouper les énergies des acteurs et des créateurs
locaux était important afin d'éviter les isolements et d'ouvrir
sa conscience et sa pratique tout à la fois aux enjeux
globaux et particuliers de l'information.

Prochain Atelier :
Mardi 15 avril, avec la présentation des Enfants de Can Tho,
sera abordé le thème "comment s'associer progressivement
dans une communication constructive avec d'autres régions du monde...


 
 
 
 
 
     
www.paradis-ciel.info

A travers ce roman, sorte de conte philosophique et satirique, facile à lire, l'auteur nous fait vire une aventure imaginaire, dont le personnage
central est un journaliste qui vient de mourir lors d'un reportage et découvre le paradis. Ce paradis est doté d'une organisation qui surveille
le développement humain, organisation qui laisse une place à chacune des grandes religions du monde. Acccompagné d'un autre défunt
informaticien, lui aussi également nouvel arrivé au Paradis, ils finissent par accepter la mission toute terrestre de relever un défi trés actuel :
réharmoniser l'esprit humain avec le développement technique. Echanges de regards entre la Terre d'aujourd'hui et un certain paradis,
l'action nous emporte dans un enchainement de réflexions et d'actions incarnées dans le monde et le paradis. L'appropriation de la technique
et en particulier d'Internet dans un but positif devient l'enjeu de cette mission, d'où le titre www.paradis-ciel.info.

Le roman est disponible à la librairie Voyages au bout de la nuit, 4 rue Carnot à Saint-Rémy-de-Provence - Tél.: 04 90 94 68 35


 
 
 
 
 
 
 
L'INVITE DU JOUR

Fred Oberson a présenté
mardi 8 octobre 2008
aux Ateliers de l'Info
son roman "www.paradis-ciel.info"



Fred Oberson a suivi des études classiques, une formation
bancaire et comptable, puis a exercé dans la banque
et le commerce avant de devenir chef d’entreprise en Suisse
où il est né..A son heure de retraite, il est venu s'installer
dans un petit mas à Maussane, qu'il fréquentait déjà
depuis 15 ans. Ainsi au calme, il surveille quelques oliviers
dont il tire une excellente huile.

Heureusement cette activité lui offre également tout loisir
pour écrire des livres et publier des articles sur Internet.
Ainsi l'écrivain compte déjà plusieurs livres édités
chez des éditeurs ou à compte d'auteur. Il vient de sortir
un roman dont le titre évocateur est www.paradis-ciel.info.

Le rapport entre le livre et l'adresse d'un site sur Internet
n'etant pas anodin ici, Fred Oberson a livré son intention
lors d'une première présentation à Saint-Rémy mardi 8 avril
en déclarant : "Je suis convaincu que le net peut aider
à élever le niveau des gens
"

 

15:55 Publié dans Culture | Tags : livre, rencontre, critique | Lien permanent | Commentaires (0)

09/04/2008

7. Ecrire...

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L’angoisse de l’écrivain ne se manifeste pas seulement devant la page blanche ou la veille de la publication de sa dernière livraison et de la flopée de critiques qui va s’abattre… si critiques il y a ! Il n’y a qu’à le voir sur un plateau de télévision où il peine à parler de son ouvrage, bafouillant un semblant de synthèse.

 

Lors des séances de signatures, il est emprunté, souvent sans voix, pour répondre aux lecteurs qui le couvrent de louanges. Et ses dédicaces sont parfois d’une platitude indigne du  bestseller qu’il vient de commettre. J’ai même connu un auteur fécond (sans jeux de mots) qui les écrivait à l’avance sur un papier dissimulé sur ses genoux. Selon quels critères les rédigeait-il ? Sans doute en fonction du sexe, de l’âge, de la sveltesse ou non de ses groupies… Ce qui démontre que l’écrit même le plus simple n’est pas forcément compatible avec l’improvisation. Cet écrivain avait au moins le mérite de ne pas uniformiser la sempiternelle phrase : « pour X avec mes meilleurs sentiments ! »

 

Pour ma part, je n’ai jamais eu à faire face, comme les célébrités, à un flot de badauds endigué à la queue leu-leu par un cordon de vigiles. Dans ces cas là, un tampon encreur et un simple paraphe ferait mieux l’affaire ! J’ai donc toujours pris la peine d’échanger quelques propos avec mes lecteurs, le temps de faire fonctionner mes cellules grises et de leur concocter une dédicace personnalisée.

 

20:11 Publié dans Culture | Tags : écrivain, livre, journal | Lien permanent | Commentaires (0)