alpilles13 ALPILLES13

02/07/2008

Sarko, l'avez-vous vu?

Le voici sur "huitante-neuf" comme ne disent pas les Français: :

 

 

http://www.rue89.com/2008/06/30/les-images-de-sarkozy-en-...

 

 Mercredi 2 juillet 23h00

Du jamais vu: un média qui menace un autre média de procès pour révéler ses sources! Les avocats de France3 ont adressé mercredi matin un courrier comminatoire à Rue89 pour exiger que leur soient révélées les conditions dans lesquelles notre site s'est procuré la vidéo de Nicolas Sarkozy sur le plateau de France3 lundi soir. Le courrier des avocats exige également que nous retirions cette vidéo du site et la destruction du document en question.

La démarche de France3 a de quoi surprendre. Et choquer. Tous les médias sont soumis régulièrement à des demandes de révéler leurs sources, et France3 en a eu sa part par le passé. Mais généralement, c'est l'Etat qui initie ce genre de démarches qui suscitent la plupart du temps, et à juste titre, des protestations des organisations professionnelles de journalistes. Des démarches suffisamment controversées pour que le garde des Sceaux se penche sur ce sujet épineux.

Lorsqu'un média effectue à son tour de telles démarches inquisitrices, on ne peut que s'inquiéter. "C'est une première", souligne Me Basile Ader, avocat spécialisé dans les affaires de média:

"C'est étonnant, je ne sais pas comment ils font s'ils ont des émissions d'investigation... Surtout que le sujet est en ce moment débattu au Parlement."

Le contexte de cette affaire est clair: en pleine controverse sur le financement de la télévision publique (le PDG de France Télévisions, Patrick de Carolis, a menacé mercredi matin sur RTL de démissionner si le compte n'y est pas), France3 est soumis à d'intenses pressions de l'UMP et de l'Elysée. France3 reporte clairement cette pression sur Rue89.

La vidéo en question, tournée dans les minutes qui précédaient le "direct" du Président dans le 19/20 de France3, n'est pas, comme on a pu le lire ici et là, une intrusion dans la vie privée: elle constitue un document, dont de nombreux commentateurs ont souligné la pertinence, pour comprendre un peu mieux les coulisses des rapports entre le Président et les journalistes, ainsi que l'ambiance autour du conflit de France Télévisions.

Si France3 veut faire la chasse à la vidéo, elle aura du boulot. Ce document a été jugé suffisamment significatif pour être repris sur la quasi totalité des sites d'information de France, d'innombrables blogs, des chaînes de télévision françaises, ainsi qu'à l'étranger. Et il a été vu par plus d'un million d'internautes en 24 heures!

Bien évidemment, Rue89 ne révèlera jamais la source de ces images.

Mise à jour 02/07/08, 21heures. Selon LePost.fr, Paul Nahon a "demandé au service juridique de la chaîne de retirer la demande de citation des sources dans la plainte". Paul Nahon nous a confirmé mercredi soir qu'il avait "mis en garde" ce service sur cette question: "on ne demande pas à des journalistes de dévoiler leurs sources".

 

 

09:02 Publié dans Revue de presse | Tags : video, sarko | Lien permanent | Commentaires (0)

29/06/2008

Les doigts dans le nez!

Politique

UNION EUROPÉENNE.

Comment Sarkozy veut relancer l'Europe

Nathalie Schuck et Henri Vernet

dimanche 29 juin 2008 | Le Parisien

null

Mardi, la France prend les rênes des 27 pays de l'Union. Dans un contexte économique difficile et alors que l'Europe est embourbée après le non irlandais au traité de Lisbonne, Nicolas Sarkozy espère néanmoins obtenir des résultats concrets.

A PARTIR de mardi, Nicolas Sarkozy présidera non seulement la France mais aussi l'Europe. Attention pourtant : l'exercice ne dure que six mois et, surtout, le pouvoir du président du Conseil européen n'a rien à voir avec celui d'un chef d'Etat de la V e République. Pas question d'imposer ses quatre volontés aux 27 pays de l'Union européenne (UE).

Le rôle de la « présidence tournante », qui consiste pour l'essentiel à faire avancer les dossiers dans la machinerie lourde et complexe de Bruxelles, s'exerce en général dans la discrétion : combien de Français savent que, depuis le 1 e r janvier, l'UE était présidée par la Slovénie ? Néanmoins, lorsqu'un grand pays prend les commandes, la marge de manoeuvre s'accroît. Ainsi l'Allemagne d'Angela Merkel fit-elle adopter le traité de Lisbonne, ce « minitraité » imaginé par Sarkozy pour sortir l'UE du fossé où l'avait plongé le « non » français au référendum de 2005.

Ironie du sort, c'est au chef de l'Etat que revient la rude tâche de relancer l'Europe après le nouveau non des Irlandais, le 12 juin. Pour celui qui voulait prôner une Europe plus proche et plus protectrice (en luttant contre la hausse du prix de l'énergie), mais aussi plus ambitieuse (projets communs sur l'immigration et la défense), ce brutal coup de frein est une déception. L'Elysée fait mine de positiver, jurant que Sarkozy y voit au contraire « un défi supplémentaire ».

Faire preuve d'écoute et de disponibilité

Il n'empêche, la présidence française devra consacrer temps et efforts à la recherche fastidieuse d'une solution institutionnelle au « no » irlandais. Le numéro un français n'y parviendra qu'à la condition de faire preuve de la même écoute et de la même disponibilité vis-à-vis de ses 26 partenaires que Merkel il y a un an. Lui qui avait déjà beaucoup communiqué sur une présidence qui aurait dû briller devra répondre aux attentes quotidiennes des citoyens européens s'il veut éviter de nouveaux rejets. C'est ce qu'il dira demain soir sur France 3. Ni paillettes ni technocratie, les Français, comme les Européens, attendent de l'UE des résultats.