alpilles13 ALPILLES13

01/11/2008

Hoé matelot!

Je vous écris de nulle part, en pleine mer, cap plein sud. Comme le monde, la mer est agitée. Pas pour les mêmes raisons. Juste un caprice de la météo qui fait de la dépression.

 

Réduire la grand-voile, border le génois crie le skipper à ses équipiers. Prêt pour empanner. Hop, on y va. Les voiles s’agitent, claquent un bon coup, se tendent comme une peau de tambour sous l’action des winchs et des cordages. Cap 240 ! Allure de près. Le bateau gîte jusqu’aux chandeliers. La coque fend la houle, la brise en deux. L’étrave pique du nez. Des gerbes d’eau ruissellent le long du pont, inondent le visage et piquent les yeux des marins. Des rouleaux poussent de l’arrière au rythme des creux qui se forment. La mer est grosse, menaçante, se tortille dans tous les sens sous l’effet de 30 nœuds de vent. Le chariot d’écoute grince, menace de lâcher prise. On se relaie à la barre, on se cramponne en espérant que le safran ne dessale pas et nous envoie tous par-dessus bord. Les flots sont aussi noirs que ce ciel de tempête qui se déverse en trombe.

 

Divine surprise : des dauphins nous rendent visite, tournoient autour du voilier, sautent hors de l’eau d’un air moqueur, puis disparaissent aussi soudainement qu’ils sont arrivés.

 

Je fais le point sur une carte à l’aide de la règle de Cras, ce célèbre officier de marine français qui a révolutionné la navigation avec son invention. Nous ne sommes plus tout à fait nulle part. Dans trois heures environ, nous verrons la terre, ce monde en folie, puis nous atteindrons une baie, un port où nous passerons la nuit à l’abri des déferlantes !

 

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10:44 Publié dans Mon journal | Tags : mer, voile | Lien permanent | Commentaires (3)