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Mon Journal des Alpilles

  • VIVE LE CONFINEMENT !

    Voici deux mois...

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  • Papa a cassé sa pipe

    A lire gratuitement sur montbeszeller.com Fred Oberson

     

    Synopsis

    Papa a cassé sa pipe... alors qu'il ne fumait pas !

    Pardonnez-moi cette expression incongrue, mais c'est ainsi que commence cette nouvelle des relations entre un prof de père et son fils devenu officier de marine parcourant le monde.

    L'histoire se situe essentiellement en Provence, entre Arles et la Camargue, avec en prime un dénouement inattendu !

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  • 2. Tous foutus comme les dinosaurds


    2. Fin du mois, fin du Monde, même combat !
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    On se perd en conjecture sur l’extinction des dinosaures et l’on estime qu’elle a eu lieu il y a 66,038 millions d’années. Les chiffres après la virgule donnent à croire qu’ils auraient disparu sur un millier d’année, non pas d’un seul coup, victimes de la chute d’un astéroïde dans la péninsule du Yucatan au Mexique, une thèse actuellement controversée. Pourquoi se seraient-ils tous planqués là-bas ? Le chercheur Heiko Pälike s’oriente plutôt vers de fortes perturbations climatiques dues à des explosions volcaniques en chaîne. Reste à savoir s’ils sont morts de froid, de chaud ou de faim ?

     

    Le mystère demeure aussi au sujet des hommes de Néandertal disparus il y a 40.000 ans après plus de 400.000 d’existence… Les hypothèses quant à l’extinction de ce peuple sont nombreuses : événement volcanique, climatique, épidémie, infertilité, carence alimentaire où pourquoi pas le premier génocide de l’histoire perpétré par les Homo sapiens ! Deux chercheuses, Anna Degioanni et Silvana Condemi viennent d’innocenter le Sapiens. Précisons d’abord que Homo néanderthalensis doit son nom à la vallée de Néandertal en Allemagne. Sa profession : chasseur de mammouths, il n’a donc jamais posé les pieds en Afrique ! La génétique démontre qu’il a laissé des traces de son ADM, de l’ordre de 1 à 3% du génome de l’homme contemporain occidental. Les raisons de la disparition sur des milliers d’années du Néandertalien sont multiples et mentionnées ci-dessus, cependant nous avons une petit quelque chose de Néandertal dans nos gênes !

     

    Indépendamment de la pollution actuelle créée et développée par les hommes, on assiste peut-être à une mutation climatique naturelle et mortelle qui va s’accentuer au cours des années, voire dans les siècles à venir - on aura déjà disparu comme les dinosaures ! Les glaciers seraient, paraît-il, à l’origine de la vie sur terre, il y a 3 milliards d’années. En fondant comme neige au soleil vont-ils disparaître et entraîner notre mort ? Dans quelle mesure sont-ils en partie responsables actuellement de l’élévation du niveau des mers ?

     

    J’avoue donc avoir suivi mon petit bonhomme de chemin à la manière de tout un chacun : mariage, progéniture, biseness, voitures, bouffes, voyages, pour ne manquer de rien et même du superflus. Fi de tout cela, depuis l’âge de la retraite, j’ai enfin changé de vie, je séjourne en rase campagne avec mes oliviers centenaires, presque comme un reclus, jusqu’à chercher mes victuailles et mon journal quotidien à bicyclette ! J’ai envisagé de remiser mon tracteur sexagénaire contre un canasson mais, tout compte fait, ce cher animal pollue bien plus chaque jour qu’une mécanique utilisée de sept en quatorze. Et tant pis pour le crottin qui génère 20 kilos de phosphore par an.

     

    Dans mon jardin, j’ai une serre qui produit quelques fruits et légumes, soi-disant bio, grâce à la flotte que je pompe dans un forage à quatre-vingt mètres, car celle du canal d’irrigation est polluée d’une pléiade de saloperies amassées le long des cultures bordant la Durance. C’est le cercle infernal de l’eau de pluie qui se régénère en partie par évaporation à chaque tour de piste. Encore que certains affirment qu’elle présente une contamination microbiologique et chimique… donc on ne peut faire confiance aux nuages !

    Le calendrier, ou ce qui l’en reste, m’a pris de vitesse. Depuis quelques mois, je désirais écrire un pamphlet sur le devenir de ce bas monde, plutôt en dessous du continent pour la plupart. Rapide comme l’éclair, déterminée, rageuse, fougueuse, l’auteur de romans policiers Fred Vargas a pris le taureau par les cornes, elle s’est fourrée dans une tâche insensée : écrire un bouquin sur « l’avenir du monde vivant », dit-elle, dans ses premières lignes de « L’HUMANITÉ EN PÉRIL », Flammarion.

     

    Chapeau bas, chère Fred, permettez-moi de vous appeler par votre prénom qui est aussi le mien. Quel travail de fourmi - en voie de disparition - avez-vous accompli pour réunir des milliers d’informations, de statistiques, de références contenues dans votre bible. Au-delà de votre talent, de votre profession de chercheuse que je n’ai pas, nous nourrissons un point commun, un idéal, celui du devenir de la planète qui part en couilles - excusez-moi de le dire grossièrement - mais c’est bien de cela qu’il s’agit. D’emblée, je vous affirme que je ne suis pas un copiste, mais nombre de vos révélations, de vos quatre cent documents répertoriés me serviront à la rédaction de ce pamphlet sans prétention ; permettez-moi une métaphore : - sans l’invention de la roue, le char n’existerait pas et toutes sortes de véhicules polluants ! Alors, je vais rouler avec mon petit vélo pour être sur la même longueur d’onde que vous.

     

    L’année 2030 me convient comme étape dans le cheminement de mes prévisions alarmistes, - prétentieux le mec - quoique sans attendre cette date fatidique il va se passer un nombre certain d’événements majeurs. Faute de secouer le cocotier dès à présent, CEUX qui dirigent et managent la planète, qui manipulent bon gré, plutôt mal gré, huit milliards d’humains, ont fait maxime de remettre à demain - déjà foutu - ce qu’ils pouvaient faire hier et aujourd’hui ! Oui, les bonnes gens vont crever, les ploutocrates aussi - si cela peut satisfaire les revanchards que nous sommes.

     

    Le temps presse, nous n’avons que 10 ans pour réduire l’hémorragie galopante afin que la nature reprenne ses droits. Face à l’inertie des pouvoirs publics, à la pression des lobbies, nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes, les Terriens. Changer ses habitudes… autant croire au père Noël tant que les puissances d’argent, les multinationales, les industriels utilisent des moyens considérables en nous imposant leur diktat de consommer toujours plus. Le peuple est faible, ignare, incrédule, individualiste, paresseux, envieux d’un mieux être artificiel, il se laisse convaincre béatement, qui plus est, il ne se donne pas les moyens de renverser la vapeur. Pourquoi jette-il des milliers de tonnes de bouteilles plastic à la mer, des milliards de mégots dans la rue ?

     

    … à suivre prochainement !

     

  • Referendum sur RMC

     

     http://www.numero23.fr/programmes/rien-nest-impossible/?fbclid=IwAR2fU5wye8vctXQXwfpLoedL6MYMPSGwyUOqrnErZhqrWx5NNhF7CYE4aH8

     

  • 1789-1989-2019

     

    Voici le premier article intégral du 1er janvier 1989 d'une chronique que j'ai écrite tout de long de l'année du Bicentenaire. Seuls les noms en italique rouge peuvent être mis au goût du jour, trente ans plus tard où rien a changé !

    Que la fête commence !

    C'est parti pour 365 jours de fête, 365 jours de flonflons, de discours et de commémoration du Bicentenaire. Du bleu-blanc-rouge à la boutonnière, au balcon, aux lucarnes du petit écran. Du bleu-blanc-rouge vestimentaire, de l'écharpe du maire à la cravate du ministre, en passant par le port-jarretelles de Marianne, la France va vivre cette année 89 à ses couleurs, celle de la Révolution.

    Jusqu'au Président Mitterrand que l'on croyait endormi, laissant à Rocard le soin de prendre les coups, pendant qu'il faisait du tourisme diplomatique. Eh bien non, Tonton s'est réveillé en fin d'année pour distribuer les coups de griffes dont il a le secret. Pour donner plus de poids à ses vœux, à son message, Mitterrand parle de Strasbourg pour démonter au Français et aux Européens qu'il entend bien conserver l'initiative du marché unique de 1993.

    A l'occasion du bicentenaire, la France doit, plus que jamais être dans la course au progrès économique et social. A ceux qui reprochaient au Président de n'avoir rien changé dans le second septennat, il annonce l'abolition de la loi Pasqua sur les immigrés. Quelques jours plus tôt, Rocard avait mis sur pied le revenu minimum d'insertion pour les déshérités. Deux mesures qui vont dans le sens d'une interprétation humanitaire des Droits de l'homme, d'une meilleure égalité des chances pour les Français et leurs hôtes.

    Sans doute Mitterrand n'en restera pas là au cours de cette année 1989 qui s'annonce faste pour la France. Il a voulu être le Président du Bicentenaire, il l'est et ne pouvait imaginer un couronnement plus éclatant de son règne.

    Mais que va-t-on fêter au juste ? La prise de la Bastille, la mort de l'Ancien régime, les Droits de l'homme et du citoyen ou l'autosatisfaction ? Au-delà de la fresque historique mille fois contée, la Révolution de 1789 est, à n'en pas douter, le point de départ d'un nouvel ordre social. Les actes qui marqueront cet anniversaire doivent être l'occasion de dénoncer tout ce qui porte atteinte à la liberté, à l'égalité et à la fraternité en France et particulièrement dans certaines parties du Monde. Mais dénoncer ne suffit pas, il faut agir avec fermeté contre tous ceux qui ont oublié le message de 1789, il faut abattre les centaines de bastilles encore en place. Voilà le vrai sens de la Fête !

     

  • Les Suisses sauvent la France

    Va-t-on remettre ça, refaire l'histoire lorsque un million de soldats suisses avaient été au service de la France durant près de quatre siècles ?

     

     

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    Depuis près d'un mois, on cite la Suisse à propos de son système politique, de sa démocratie directe en faisant référence au référendum. Ne nous méprenons pas sur la manière dont l'Etat helvétique confédéral exerce le pouvoir alors que la France, dans le système actuel, ne pourrait l'appliquer RIC-rac. Tout au plus en prendre de la graine et des gilets jaunes afin que les citoyens n'aient pas voix au chapitre qu'une fois tous les cinq ans ! A quoi a servi la Révolution française avec un roi présidentiel et la proportionnelle au rancard ?

    D'abord, l'Helvétie a été créée progressivement par vingt-six cantons ayant chacun une large autonomie sur la quasi totalité des problèmes que posent une administration moderne : éducation, culture, fiscalité, justice, police, économie, social, élection. Seuls l'armée, les transports, l'énergie, la monnaie, l'intérieur, l'économie-recherche, la politique internationale sont du ressort du gouvernement fédéral. Et la décentralisation, l'autonomie des cantons, ça marche plutôt bien depuis 700 ans malgré la complexité de quatre langues nationales dont 75% de langue allemande... - les Romands et les Tessinois l'ont dans le baba et les Romanches se contentent de Davos !

    Malgré le coût de la vie élevé, des salaires médians multipliés par deux à trois par rapport à la France, les exportations sont supérieures aux importations et la balance des paiements largement positive - les banques n'y sont pour rien - Et nous ne sommes pas dans l'Europe de Maastricht bien, qu'à l'insu de notre plein gré, des accords avec Bruxelles sont assez pointus.

    Pour tout savoir sur le référendum et l'initiative, lire l'excellent article de Caroline Iberg du 19 décembre sur Mediapart :

    Le RIC vu par une Suissesse de France

     

  • De Neuchâtel à Paris

    L’image contient peut-être : une personne ou plus

  • Du pognon à la pelle

    Vous avez dit pognon : Le flouse, le blé, le fric, le pèze, le liquide, la fraîche, les pépites, les pépettes, les biffetons, les pièces jaunes, le dollar, le rouble, l’euro, le billet, l’oseille, la monnaie, le beurre, les pièces, une pincée, la caisse noire...

    Type : Bonaparte 1er consul Années : An XI à An XII Tirage : 1 046 506 ex Légende Avers : «Bonaparte premier consul» Légende Revers : «République Française» Tranche : «Dieu protège la France» Graveur : Pierre Joseph Tiolier Notes : Tête nue

    Pognon, ce mot prononcé par un dingue, a mis le pays cul pardessus tête, surtout ceux qui n’ont pas d’oseille, par frustration et complexe envers ceux qui baignent dans le liquide !

    D’ailleurs, à quoi cela sert de fourguer un pognon de dingue à des pauvres, qui ne sont pas tombés de la cuisse de Jupiter, pour les rendre plus pauvres encore ?

    C’est aussi à dessein que cette phrase, mentionnant le synonyme de « flouze », d’origine arabe, a été jetée à la vindicte populaire, en période de Ramadan, à l’attention des gagne-petit. Eh oui, durant un mois, les commerçants ne font plus leur beurre : grève de la bouffe, du bistro, de l’apéro... et des clopes. Et découvrir, une fois l’an, que cinq millions de musulmans, 11 mois par an, ça claquent du blé.

    Par ici la monnaie, c’est le leitmotiv d’un État en marche arrière toute, contrairement à dame Bernadette qui récoltait les pièces jaunes - sauf les Napoléons - pour le plus grand bien d’œuvres caritatives, demeurées désormais à l’abandon !

    Finalement, point de billets avant la fin du mois, juste quelques piécettes en attendant la recherche d’un appoint, d’une pincée de survie dans la jungle des aides anarchiques. Un chouia pour se donner bonne conscience, pour ne pas laisser crever les Français comme les migrants de l’Aquarius !

    Et pourtant, le fric saute à la gueule d’un certain peuple, dans le luxe, les pubs, les bagnoles, le foot et l’on prend bien soin « d’optimiser » fiscalement les pépites des argenteux dans ses fonds étrangers avides de leurs biffetons.

    Le pognon, le dollar, le rouble, l’euro, c’est du pareil au même, sauf l’odeur, tout dépend d’où il vient et ce qu’on peut faire avec ou pas !

  • UNE SEMAINE DE FOUS

    (Parler à un fou, c'est le rendre plus fou)

    J’ajoute un S à fou car cette semaine les fous font la une de l’actualité, peut-être à cause du chiffre 7 que l’on a collé à un G au Québec, à cette bande de fou-fou qui se rencontre à 7000 km pour se serrer la louche, se taper dans le dos, ne rien décider en ravalant de rage leur vindicte et leur salive.

    Les fous sont parmi nous à tous les niveaux de la société macronite, c’est incroyable le nombre de fous que l’on entend à la radio, que l’on voit à la télé, dont on lit leurs fadaises écrites par certains journaleux plus fous les uns que les autres. (Sauf ceux de la Tribune)

    Je ne sais pas si c’est à cause de la lune, des étoiles, de l’orage, de la grêle, du ciel qui pisse tout azimut avec violence sa vindicte mais, toujours est-il, qu’au cours de la semaine qui se termine, j’ai rencontré une pléthore de fol-dingue à m’instiller un grain de folie.

    D’un naturel pacifiste, en principe, j’ai failli « taper » et encore « taper » cette semaine, de folles envies de leur envoyer mon point dans la gueule, de leur défoncer le crachoir pour les empêcher de colporter des rumeurs, des ragots et des mensonges, la bouche pincée de surcroît. D’ailleurs, ça grenouille en ce moment du côté de l’État à propos d’une loi scélérate mélangeant le vrai et le faux !

    Durant trois jours, c’était la fête au village, le trentième d’une fête unique où 40 chevaux de trait, des comtois, sont attelés ensemble à une énorme charrette appelée en Provençal « la caretto ramado ». Les agapes aidant, vous êtes attablés à coté d’inconnus qui vous parlent de ceci, de cela, vous racontent des sornettes et des propos mensongers sur tel ou tel, ce qui déclenchent chez moi un réflexe de boxeur... Et je passe sur la politique dans une région qui vote à 50 % pour le RN !

    Le rosé aidant, j’ai « expulsé » la pipelette d’Américain qui me faisait face, renvoyé illico chez son condisciple Trump et, après un échange verbal de haute volée avec mon voisin de droite, j’ai appris que mon contradicteur était un cadre des RG à la retraite ! D’ici à ce qu’il m’expulse ?

     

  • La « Barbie », une Suissesse sexagénaire !

     

     

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    La poupée Barbie va avoir soixante piges, l’âge de la retraite, et le Père Noël, son vaillant complice, en a distribué des milliers, la nuit de dimanche, dans la cheminée des gentilles fillettes.

    Elle n’a pas une ride, tout juste un peu grossi, inutile de la lifter sous toutes les coutures pour qu’elle conserve sa peau de pêche plastifiée. Ce n’est pas le cas de ma concubine quinquagénaire qui, par crainte d’être mise au rancard, a eu recours au bistouri du chirurgien miracle,  ça m’a coûté la peau du cul pour un piètre résultat : la peau tendue comme un tambourin, elle n’ose à peine sourire, plutôt une grimace, un rictus de se sentir vieillir.

    Les crèmes de jour, de nuit, d’avant et d’après l’amour, - il fut un temps pour cela - n’ont fait qu’enrichir la femme la plus riche de France, une vieille peau, elle aussi, qui n’avait plus toute sa tête. Une fortune, qu’elle a claquée, ma copine, des centaines de pots et de tubes, ça doit bien faire des dizaines de kilogrammes de pâte à polir, et moult séances chez l’esthétichienne.

    Que n’a-t-elle pas fait pour garder son corps de fillette pubère, son look à la Barbie, ne pas grossir, se priver des plaisirs de la vie et de la bonne chair pour soigner la sienne. Maigre, je vous dis, la peau ridée, fendillée, pas de cuisses, pas de fesses, des guiboles veinées couleur bleuet.

    Question nibards, ballonnés comme une chambre à air, je l’ai convaincue de ne pas y toucher, -  gare à la rustine - ne pas les grossir encore à la « silicone valley, ». Rien compris à cette histoire de bonnet blanc et blanc bonnet alors que sous nos latitudes, ils sont la plupart du temps rose bonbon !

    La « Barbie originale » aurait une  ascendance helvético-germaine, une blondasse publicitaire prénommée Lili en souvenir de Marlène, américanisée par l’industrie du plastique.

    Dès sa naissance, la pseudo-poupée, à son corps de rêve défendant, n’est donc pas la sainte ni touche que l’on pourrait croire. Habillée d’un costume de bain rayé noir et blanc, la Barbie fait polémique, elle est trop femme, trop sexualisée, un brin nunuche pour être mise entre les mains des petites filles. Contre toute attente, le succès est immédiat, au rancard donc, le bébé joufflu de nos grands-mères qui, sur commande disait maman, fermait les yeux ou faisait pipi dans de beaux draps cousus main.

    Depuis deux, trois générations, des milliards de fillettes de par le monde ont été atteintes de barbiemania. Par contre, son petit ami, Ken, un androgyne dont on avait émasculé le zizi – pudibonderie oblige - n’a jamais atteint le sommet de l’affiche, ce qui explique que le couple Barbie n’a pas eu de descendants. Des clones, rien que des clones à l’identique.

    La poupée mannequin s’est incrustée insidieusement dans les mœurs de nos fillettes par la ruse et la puissance d’un marketing tout azimut. Dès leur plus jeune âge, elles se sont identifiées à la féminité sexy de la Barbie, elles ne sont déjà plus des enfants mais des femmes en devenir. Elles sont des Barbies de chair, des bimbos, des princesses que l’on habille et déshabille à volonté, comme le faisait la camériste à la Cour du Roi.

    Un corps filiforme, un bout de plastic moulé à l’emporte-pièce, à la cadence de robots au turbin jour nuit. Et des habits, toute une collection façonnée, pièce par pièce, par de petites mains chinoises, du prêt à porter de quatre sous, une taille unique de trente centimètres, de quoi vêtir sur toutes les latitudes une cinquantaine de nanas de toutes les couleurs. Chanel devait avoir la côte, sauf pour les robes de mariage où Saint-Laurent tenait le haut du pavé à la sortie de l’église. Quant à Karl Lagerfeld, il s’est planté avec son Ken !

  • De François à Emmanuel...

    De père en fils...


     

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    Les joutes présidentielles sont closes, rien ne sera plus comme avant.  Papa François a remis les clefs du château de l’Elysée à son fils Emmanuel qui avait pris la clef des champs après quatre années passées dans son sillage, ce qui lui a donné le goût de la politique et de faire une OPA, tel un banquier, sur la présidence. Il fallait bien que la gamin s’émancipe, vole de ses propres ailes, ou plutôt accomplisse une marche forcée pour conquérir ce pouvoir suprême convoité de toute part.

    Se sentant à l’étroit, pour ne pas dire brimé dans son ministère économique de Bercy par le gros Sapin qui montait la garde, jalousé par le premier des ministres qui pressentait que son homonyme allait lui jouer un tour de passe-passe, il a joué son va-tout, à la barbe de tout le monde ! Mis à part l’ENA, le fils, amoureux des livres, n’a pas suivi le cursus classique de son père, celui d’un apparatchik rompu aux pratiques partisanes et électives. Lorsqu’il le conseillait durant deux ans dans les arcanes du pouvoir, le gamin a bousculé son père spirituel, l’incitant à libéraliser sa politique dans une orientation éloignée du socialisme pur et dur !

    Ce jeunot est vraiment d’une autre génération qui cherche sa voie au travers des révolutions numériques, d’une génération pressée d’en finir avec des partis sclérosés, des politiciens vieillots et gnangnans, accumulant les privilèges et les passe-droits. Et secouer le cocotier, balancer par-dessus bord des têtes qui vont se mettre à glouglouter et à ronger leur frein d’une époque révolue. Adieu les clivages politiques, le bipartisme désuet, les frondeurs de tout poil, vive la société civile, le brassage des idées, le consensus, le pragmatisme ! Marche… ou casse, tel pourrait être la devise de ce risque tout.

    Des signes avant-coureurs ont annoncé cette mini-révolution. En disant ce qu’il ne devait pas dire, le président sortant, non seulement, se discréditait, mais il ne disait pas tout, soit tenir sa promesse du Bourget de ne pas faire un deuxième quinquennat s’il échouait sur le chômage ! Le scénario était donc en marche, dans son fort intérieur, il devait souhaiter que son « fils » ait le culot de prendre la relève d’une politique ayant quelque ressemblance avec la sienne. Désormais, il a le temps, de nous écrire la vérité dans ses mémoires.

  • MACRON, RENDEZ-VOUS EN 2022

     

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    En mai, fais ce qu’il te plait ! Les Français ont adopté cette maxime qu’ils mettent en œuvre tous les cinq ans. Nous voici donc en 2022. Les vieux sont devenus un peu plus vieux, les jeunes un peu moins jeunes, toute une flopée de grand-mères et de grand-pères a vu le jour. Au sortir de l’hiver, ça les démange, ils prennent le taureau par les cornes et décident de se lancer dans une course éperdue pour remettre en cause les institutions.  

    Cinq ans, ça suffit, changeons d’air, changeons la binette de ceux qui nous ont promis monts et merveilles en 2017 alors que tout est resté à plat – c’est déjà une réussite ! Et c’est à celui-ci ou à celle-là de prendre l’initiative de crier famine au travers des médias qui n’ont pas grand-chose à se mettre sous la dent. Jamais contents, insatisfaits, les Français sont une race de quémandeurs, ils ont l’art de tendre la sébile pour tout et presque rien !

    Aux dire d’un certain nombre de citoyens, le quinquennat qui s’achève ne s’est pas trop mal passé, il paraît que les pauvres sont moins pauvres, mais pas encore riches ! Certes, il y a eu des pleurs et des grincements de dents, tantôt à droite, tantôt à gauche au gré de décisions ministérielles qui ne pouvaient plaire à tout le monde. Le squiper en chef l’avait d’ailleurs dit haut et ferme qu’il donnerait un coup de barre à bâbord ou à tribord selon les courants que traverseraient le navire France.

    Contre vents et marées, il a tenu le cap, la coque a résisté à l’euro qui tambourine, les technocrates de Bruxelles, réduis à la portion congrue, n’ont plus le droit de mettre de l’eau dans le vin des vignerons ou d’écrémer le lait des paysans.

    Sans l’air de rien, le fils prodigue a fait glisser la cinquième vers une cinquième bis pour ne pas effaroucher le ténor de la sixième symphonie gauchisante qui, bon gré mal gré, l’assure parfois de son soutien au parlement. Il a réduit la voilure à 300 députés avec une bonne dose de proportionnelle, occasion de dissoudre l’assemblée et de l’élire à nouveau.

    La fusée macronite a fusillé le traitement du chômage en modifiant son mode de financement et d’attribution à tout travailleur. Loin de l’éradiquer, hélas, il a introduit un chouia de salaire universel préconisé par la gauche. Grosso modo et bon an mal an, l’affreux jojo banquier-libéral tant décrié, élu par défaut en 2017 – il faut bien le dire – n’a pas trompé son monde en mettant « en marche » la plupart de ses réformes, tant sur le plan social, culturel, financier et politique. La France n’a plus honte d’être la France !

    Sa réussite est due à la faillite des anciens partis, LR, PS et FN, qui n’ont pas survécu à la débandade de 2017. Le FN a fusionné avec LR pour devenir les « Patriotes républicains », le PS est devenu la « Gauche associée » qui regroupe enfin toutes les brebis égarées.

    Fort de ce triptyque partisan avec La République en marche, le président sortant vient d’être réélu haut la main à 44 ans, pour son deuxième mandat et poursuivre sa tâche.

    Lundi 9 mai 2022, pluie au nord, soleil au sud, la météo a toujours coupé le pays en deux !

  • Lettre à Pénélope,

     

    Ulysse déguisé en mendiant cherche à se faire reconnaître de Pénélope, relief en terre cuite de Milo, v. 450 av. J.-C. musée du Louvre Ulysse déguisé en mendiant cherche à se faire reconnaître de Pénélope, relief en terre cuite de Milo, v. 450 av. J.-C. musée du Louvre
    Chère Pénélope,

     

    Il y a plus d’un mois votre prénom, Pénélope, a surgit dans tous les médias puis, de jour en jour, il a été écrit et prononcé des milliers de fois jusqu’à en avoir la nausée.

    Pénélope… Pénélope… ce nom ne m’était pas inconnu et j’ai plongé dans mon livre d’histoire pour raviver ma mémoire d’une époque lointaine où une charmante femme du nom de Pénélope attendait patiemment le retour de son mari, un certain Ulysse, navigateur, guerrier et coureur de continents.

    Il y avait analogie de prénom mais erreur sur la personne, et j’ai appris que vous étiez une femme de notre temps, l’épouse d’un certain François, un homme fort occupé, un baroudeur qui faisait métier de la politique, cette science que nous ont légué les Grecs et en particulier la mètis la « ruse de l'intelligence »  que pratiquait son compère Ulysse.

    Je n’irai pas jusqu’à dire que l’histoire se répète mais votre époux est en train de livrer bataille comme du temps de la guerre de Troie d’Ulysse où l’enlèvement d’une femme, Hélène, en était la cause et qu’aujourd’hui vous en êtes l’otage ! Quasiment inconnue il y a une quarantaine de jours, vous êtes projetées sans ménagement, et sans doute à votre corps défendant, à la une de l’actualité pour une histoire fumeuse de travail fictif.

    Depuis le 25 janvier, pas un mot de vous, pas une protestation face à de graves accusations dont vous êtes l’objet avec votre cher François qui se débat becs et ongles, tirant à bout portant sans discernement. Il m’a semblé que vous viviez en dehors des manigances et des astuces politiciennes, que le ciel vous était tombé sur la tête dans la froideur de janvier et que vous demeuriez ko debout. J’ai été tenté de vous contacter, de venir discrètement à Sablé, de franchir le mur qui entoure votre château pour prendre de vos nouvelles, vous apporter un peu de réconfort car je pensais – comme d’autres - que vous étiez bien seule, triste à en mourir, priant les saints du calendrier de vous venir en aide. Peut-être étiez-vous en retraite auprès de bonnes sœurs charitables ou en séjour dans votre cher Pays de Galles, près des vôtres.

    Coup de théâtre ce matin, vous sortez de l’ombre, à l’heure de la messe matinale, en vous exprimant enfin dans un journal du dimanche, ce dimanche où précisément une cohorte de bien-pensants vont se réunir au Trocadéro pour écouter une fois de plus les doléances et la complainte de votre mari. Vous, la  discrète galloise, avez pris le taureau par les cornes, vous montrez un nouveau visage, une détermination insoupçonnée. Alors pourquoi avoir attendu si longtemps pour prendre position et affirmer que votre homme doit aller jusqu’au bout,  ne pas battre en retraite, maintenir sa candidature contre l’avis de ses pseudos amis du parti ? Si vous êtes tous les deux innocents des malversations qu’on vous reproche, vous auriez dû aussitôt crier tout haut, défendre votre époux, faire écho à ses propos, à ses accusations envers la justice et les médias. Vous êtes la principale concernée, la principale complice dans cette ténébreuse affaire dont seule la justice aura à connaître de son dénouement.

    Dois-je mettre en doute vos propos d’aujourd’hui, le jour où votre candidat chéri joue sa dernière carte envers, ses fans, ses électeurs potentiels ? A vrai dire, j’éprouve un malaise, le sentiment que vous avez été interdite de parole ces dernières semaines, manipulée comme savent le faire en général les politiciens pour servir leurs causes, comme sans doute vous l’avez été durant votre activité d’épouse, de mère de famille et « accessoirement » d’assistance parlementaire. Acculé, les rats quittant le navire, il n'avait plus le choix, il vous a sans doute laché la bride !

    J’espère me tromper sur mon appréciation et je vous souhaite, chère Pénélope, une belle après-midi parmi la foule réunie au cœur de Paris.

  • SYZ & CO reconnue coupable

    La banque suisse Syz & Co reconnue coupable de «travail dissimulé» en France

    20 janvier 2017 Par Agathe Duparc sur MEDIAPART

    Qualifié d’« affabulateur » et de « maître chanteur » par son ancien employeur, Jérôme G. a finalement obtenu gain de cause. La banque privée genevoise Syz & Co vient d'être condamnée en appel à Paris pour « travail dissimulé » : elle avait sciemment oublié de déclarer les activités de son employé sur le territoire français.

    https://www.mediapart.fr/journal/international/200117/la-banque-suisse-syz-co-reconnue-coupable-de-travail-dissimule-en-france

  • Vous avez dit : « Primaire »

    1-5fillon

    Ce terme est depuis quelques mois à la une des médias, employé à toutes les sauces, galvaudé à corps et à cris de droite à gauche, à l’exception de quelques originaux qui le méprisent, s’estimant bien au dessus de ce mot qui se situe entre le zéro et le un, voire au dessous de l’échelle des valeurs.

    Depuis que les politiques s’en font des choux gras, envahissent les réseaux sociaux, il est bien difficile de définir sa propre signification. Faisons appel  au dictionnaire pour en avoir le cœur net, à commencer par le Larousse primaire, le Petit, celui des écoles qui veut dire « être au premier degré », que l’on peut interpréter par le fait que les hommes ont reçu une éducation primaire.

    Pas étonnant donc que les politiques en soient restés à ce niveau et qu’ils organisent des « primaires » pour se départager et élire celui qui sera plus primaire que les autres. Car pour réussir, il est important de présenter sa candidature à un peuple primaire qui n’a pas évolué depuis la sortie de l’école. Inutile donc de paraphraser sur le terme primaire, synonyme d’esprit borné selon le Robert ; – là, on monte d’un degré ! -

    Mascarade de ces primaires où des narcissistes de droite s’affrontent pour des broutilles durant un mois, en monopolisant les médias, pour finalement être d’accords sur le programme réactionnaire de celui qui a décroché la timbale.

    Kif-kif  à gauche, le cirque s’annonce encore plus dispersé et démagogique pour désigner leur champion toutes catégories ! Les plus sadiques font bande à part, ils l’a font solo pour foutre la mouise et ouvrir les ports à la Marine marchande.

    Deux primaires, chacun pour son pré carré, chacun pour son camp, avec à la sortie un seul président qui ne sera jamais celui de tous les Français.

    Le sortant, pour une fois lucide, ne saurait se mélanger à cette bande d’hurluberlus. Il a loupé le coche ce maître de classe en faillite qui n’a fait que des corrections primaires, du premier degré. Il n’a plus rien à perdre durant ces quatre prochains mois, autant mettre tous les prétendants dans le fait accompli, dans le caca, en augmentant le smic de 100 euros au lieu de la moquerie de 0,93%. Primaire, il l’est, et le restera !

     

  • Un Suisse et un Français au bout du monde !

    Incroyable rencontre au sud de la Tasmanie !

    samedi 24 décembre 2016, 11h42

    Rencontre incroyable au beau milieu de l'Indien entre le Suisse Alan Roura (La Fabrique) et Eric Bellion (CommeUnSeulHomme) alors qu'ils s'approchent de la longitude de la Tasmanie. Quelques mètres seulement séparent Eric Bellion et Alan Roura qui se rencontrent par 50° Sud. Roura à l’étrave de La Fabrique, Bellion à l’arrière de COMMEUNSEULHOMME, les deux hommes entonnent un « Petit Papa Noël » en duo qui restera dans l’histoire de la course.

    http://www.vendeeglobe.org/fr/actualites/17461/incroyable-rencontre-au-sud-de-la-tasmanie

  • Dîner de cons à la taverne du PS

     

     © Charlie-Hebdo © Charlie-Hebdo

     

    Depuis que le cuistot en chef a grillé ses étoiles, posé les plaques – expression helvétique – pour l’an que ven, la brigade des longs couteaux fricote sa tambouille dans cette auberge espagnole – et catalane - au relent de graillon.

    Et chacun de faire son chemin de Compostelle, assis en rang d’oignon à la table primaire, se biglant de travers face au mur des lamentations.

    A l’écart, quelques marmitons toqués font du chacun pour soi, un casse-croute à la carte pour les trois-huit et le peuple des besogneux ; survient un troublion sur la droite avec du foie gras pour les patrons et les banquiers.

    Dans l’ensemble, la mangeaille est frelatée, un arrière-gout de réchauffé, de décongelé, pas moyen de monter la mayonnaise, de faire une béchamel avec du beurre ranci, d’apprêter un vieux fonds de sauce faisandé. La poule au pot du béarnais de réserve ne fait plus recette. Surtout pas de bouillabaisse, chasse gardée des vieux croûtons du front de mer marseillais.

    Au dessert, l’omelette hollandaise pour les sangs-dents a fait long feu. Et se rabattre et s’envoyer les tartes à la crème Chantilly, d’Evry et de Navarre.

    Ça grignote, ça parlotte et ça crachote, les casseroles et les assiettes volent dans tous les sens, le mixer réduit leurs idées en purée, la cocotte-minute va éclater. La moutarde monte au nez du guide du connard, il est sur les dents pour départager ces gâte-sauce avant leur mise à l’étuve finale.

  • Au nom de la rose...

    Rosa, rosae, rosam, rosarum, rosis

     

    imagesrose

    L'art de rentrer dans l'histoire en laissant sa place à un demi-Suisse !

  • Jack for President

    Novembre 1960…
     
    A la veille des élections américaines, voici l’extrait d’un récit qui se déroule en automne 1960, lors de la campagne et de l’élection de John Fitzgerald Kennedy !
     

    Je décide de prendre un congé sabbatique. A l’automne 1960, je m’envole pour les États-Unis, à l’invitation de Jack qui me propose de découvrir son pays, celui de James Dean et d’Elvis Presley.

    L' Amérique pour un jeune de vingt ans est synonyme de rêve, le « rêve américain ». Les boys US n’ont-ils pas sauvé l’Europe lors du débarquement en Normandie, en Provence, en Afrique du Nord, repoussant les hordes nazies au-delà des frontières ? N’ont-ils pas bloqué l’avancée des Russes et du communisme ? Mais ces faits de guerre ne revêtent qu’une importance relative par rapport à la déferlante des films américains depuis une décennie. La jeunesse s’identifie aux pionniers, aux cow-boys, aux shérifs et aux « stars », interprètes de cette conquête sans fin de l’Ouest. Par méconnaissance ou inconscience, l’opinion publique fait peu de cas de l’oppression et des tueries dont les Indiens ont été les victimes lors de l’arrivée des immigrés, des Européens pour la plupart, dans le Nouveau monde. Tout juste apprend-on qu’il y a un problème entre les blancs et la communauté noire, la ségrégation…

    Je débarque à Boston en pleine campagne pour les élections présidentielles. Ayant gagné quelques mois plus tôt les primaires du parti démocrate, Kennedy affronte le républicain Nixon. Sa victoire est loin d’être assurée pour de multiples raisons. Les gazettes répandent leur lot de rumeurs et de ragots sur son état de santé, son catholicisme, la richesse de son père, sa vie privée qui, aux yeux de ce pays puritain, frise la débauche. En revanche, son adversaire Richard Nixon, issu d’un milieu modeste, a le profil type de l’Américain moyen qui s’est fait tout seul, à la force du poignet. Mais il est surtout le Vice-président sortant du « general president » Eisenhower, un politicien expérimenté, rompu à tous les rouages de l’administration américaine et de la politique internationale. Par contre, Nixon n’a ni le style, ni le charisme, encore moins le physique de play-boy d’un Kennedy que l’on peut imaginer tout droit sorti des studios d’Hollywood.

    J’ai le privilège de suivre la campagne dans plusieurs Etats avec l’équipe de Jack ou, parfois, à bord de son avion personnel, un Convair bimoteur, baptisé Caroline. Un marathon quotidien qui démarre à six heures pour se poursuivre parfois jusqu’à minuit. De ville en ville, j’assiste à des meetings dans des campus, à des discours, à des débats télévisés, rencontre des Américains fanatiques de leur idole. C’est une ambiance de cirque avec, dans l’arène, un seul fauve en spectacle, Jack qui déploie une énergie incroyable, harangue la foule, sourit, serre des multitudes de main, embrasse des vieilles dames et des gamines. Un soir, à Milwaukee, au bord du lac Michigan, Jack, en veine de confidences, m’invite à sa table et me parle en français :

    - Je pense que je vais gagner, mais parfois je doute de réussir, je dois me battre et me battre encore jusqu’au dernier jour. Quand je suis sur l’estrade, que je regarde la foule les yeux dans les yeux, je me dis qu’une personne sur deux ne votera pas pour moi. C’est cela qui me stimule. La victoire ou la défaite ne tient qu’à une voix glanée ou perdue ici ou là. Mon pays, ce n’est pas la France et encore moins la Suisse. Il est immense, à l’échelle d’un continent, il est multiethnique, chaque Etat a ses particularités. Je devrai, si je suis élu, ne pas décevoir ce peuple qui m’acclame, tenir mes promesses électorales. Je ne dois oublier personne, penser aux Noirs, aux Hispaniques, aux immigrés d’origine italienne, irlandaise, aux diverses religions. Je ne dois oublier personne car je serai le Président de tous les Américains, y compris de ceux qui auront voté pour mon adversaire. Je dois changer l’Amérique, la remettre en état de marche, résorber le chômage, supprimer la ségrégation, améliorer le système social et les salaires.

    - Et votre santé, Jack, comment ça va ?

    - Parfois, mon dos me fait horriblement souffrir car je ne suis pas totalement guéri comme toi. Pour me permettre de supporter ce rythme harassant, mon médecin me fait des piqûres chaque jour. Quel que soit mon état, je ne dois rien laisser paraître, me présenter avec l’apparence de la pleine forme devant mes électeurs. Tiens-moi les pouces, John, je vais gagner, même dans le Wisconsin, cet Etat hostile aux démocrates.

    - Je n’en doute pas un instant, l’infirmière noire de l’hôpital me l’a déjà prédit, il y a six ans ! Votre courage dans cette campagne me rappelle le thème de votre livre :Profils in Courage.

    La conversation se poursuit tard dans la nuit au coin du feu. Jack souhaite décompresser, quitter le stress de sa campagne, se laisser aller à parler de tout. Il est avide de mieux me connaître, ma vie, mes rapports avec les femmes, mes aventures sentimentales. Cela lui rappelle ses vingt ans, l’Université de Harvard où les filles se pâment sous son regard. Jack le séducteur est séduit avant d’avoir eu le temps de séduire, ce qui le déconcerte parfois. De ses vacances en France, il garde un souvenir vivace des Françaises qu’il a draguées sur les plages de la Côte d’azur. D’ailleurs, me dit-il : « Mon épouse Jackie est d’origine française. Tu as de la chance de vivre tout près de ce pays où les filles sont si charmantes » !

    Il me dit encore que lors d’un séjour à Londres, en 1939, il alla même jusqu’à flirter avec la princesse Elisabeth, la future reine. Hélas, le roturier américain n’a aucune chance de devenir Prince du Massachusetts, un rang digne d’inaugurer les chrysanthèmes dans le sillage de sa Majesté ! Puis vient l’époque des starlettes et des actrices connues dont il fait une grande consommation. Jack avoue sans pudeur qu’il n’est pas un sentimental mais un sensuel doté d’un fort appétit pour la gent féminine. Une fois président, il n’aura, hélas, plus la possibilité de se laisser aller à son penchant favori, emploi du temps et protocole obligent !

    Jack tient à me montrer l’album de photos de famille qu’il emporte toujours dans ses déplacements. Quelle n’est pas ma surprise de découvrir une ressemblance flagrante entre nous deux à l’époque de nos vingt ans ! Je le lui fait remarquer, Jack sourit malicieusement et me ditqu’on lui a demandé si je ne suis pas son petit frère ! Il me propose de le rejoindre, après les élections, à Palm Beach.

    Le lendemain, à quelques jours des élections, je quitte le staff de Jack, je loue une Chevrolet Impala, cette marque dont le fondateur, Louis Chevrolet, n’est autre qu’un immigré suisse devenu célèbre aux Etats-Unis comme pilote de courses. Je quitte Milwaukee pour visiter les villes dont je rêve depuis mon enfance, un parcours de trois milles kilomètres pour rejoindre la Floride, lieu de vacances de la famille Kennedy. Ma première étape est Indianapolis la ville de l’automobile. Je suis curieux de découvrir le « Speedway », ce célèbre circuit où se déroule chaque année, en mai, les 500 miles d’Indianapolis.

    Poursuivant ma route, il me faut une journée pour atteindre Nashville, la capitale de l’Etat du Tennessee et de la musique country. A vrai dire, je ne suis pas un fan de ces airs répétitifs et encore moins du madison, cette nouvelle danse en ligne où des nanas plantureuses exhibent leur accoutrement de cowboy. C’est ici qu’Elvis Presley a enregistré de la musique en studio ainsi que Bob Dylan, le mythique Nashville Skyline.

    En revanche, Memphis est l'endroit où ont débuté de nombreux genres de musique américaine comme le Blues, le Gospel et le Rock n'Roll. Grâce notamment aux studios Sun Records, Johnny Cash, Elvis Presley, Jerry Lee Lewis et B. B. King sont devenus célèbres dans le monde entier. J’hésite d’abandonner la Chevrolet pour descendre le Mississippi à bord d’un bateau à aubes jusqu’à La Nouvelle Orléans. Hélas, il ne me reste peu de temps pour accomplir les 1300 milles qui me séparent de la Floride.

    En débarquant par la route à La Nouvelle Orléans, cette ancienne colonie française, je constate que peu de monde parle français comme ma nounou de l’hôpital. Ce sont d’ailleurs une minorité de créoles, de métis et de descendants des esclaves qui maintiennent difficilement cette tradition après la vente de La Louisiane aux Etats-Unis par Napoléon 1er en 1803. Il n’est pas nécessaire de comprendre le cajun pour vivre une nuit délirante de jazz au Vieux carré, le quartier français, où se sont produits les enfants du pays, Sydney Bechet et Louis Amstrong. Avec un détour, au petit matin, par le Café du Monde pour déguster des beignets au sucre bien français depuis 1862 ! Pour sûr que Kennedy sera plébiscité par les électeurs noirs de cet Etat démocrate.

    Lucie, ma maman, est du voyage par cartes postales interposées que je lui adresse chaque jour depuis mon arrivée aux States.

    Encore 860 milles de bitume pour me retrouver cloîtré dans un hôtel de Miami, le mardi huit novembre 1960, pour suivre les élections télévisées de chaîne en chaîne. Le suspens est intenable. Au fur et à mesure du dépouillement des bulletins de vote en fonction du décalage horaire, d’Est en Ouest, les résultats donnent gagnant tantôt Kennedy, tantôt Nixon. Tombant de sommeil, éméché par le Jack Daniel, je m’endors vers les deux heures et ce n’est qu’à huit heure que j’apprends la victoire de mon ami Jack avec seulement 118.000 voix d’avance pour 68,5 millions d’électeurs !