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Mon journal - Page 12

  • Le Bonheur du jour de Marie-Antoinette...

    Peinture de Madame Vigée-Lebrun, 1783

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    Après la table de Lénine, je change de bord… en vous proposant une anecdote relative à Marie-Antoinette ! Rien de moins. On a toujours considéré la profession d’antiquaire comme un métier de riche, de nanti, exercé forcément par des gens de droite à l’exception des « Fabius », cela s’entend !

     

    Lorsque je me suis lancé dans cette aventure, j’étais quasiment ruiné, ce qui suppose que j’avais eu quelques biens auparavant et quelques meubles de famille à vendre au plus offrant pour subsister. Et l’on se prend au jeu ! Il est de bon ton qu’un homme de biens matériels ait forcément des tendances droitières qui, peu à peu, s’étiolent avec le changement de sa situation sociale, même s’il fait commerce !

     

    Honnêtement, j’ai de la peine à comprendre comment des citoyens, des élus, des personnalités de gauche puissent perdre leur âme en flirtant, selon les circonstances, avec une droite pure et dure. L’inverse, en revanche, me parait naturel. Cela me semble inscrit dans les gênes de l’individu, de son évolution intellectuelle et humaniste, de sa connaissance progressive de la vie et de la situation actuelle d’une société vouée au culte de l’argent roi dont seule une minorité d’individus en profite. Tout en haut de l’échelle du pouvoir, faute d’être capable d’améliorer quoi que ce soit, on instille un slogan mensonger qui consiste à flatter les passions populaires à propos du gain. C’est la copie conforme de la Française des jeux : jouez pour gagner !

     

    Sans doute, l’évocation de Marie-Antoinette m’a amené à cette digression. Ou 1789, tout simplement. Je reprends le fil de mon propos. Voici les faits :

     

    L’office des Poursuites de Genève mettait en vente divers meubles anciens saisis chez des nantis devenus pauvres. Ca arrive ! Tout l’aréopage des antiquaires étaient au rendez-vous. L’un deux, agissant pour le compte d’un tiers état, fit monter les enchères, pour un « bonheur du jour de style Louis XVI », bien au-delà de la valeur estimée, qu’il paya finalement l’équivalent de 40.000 euros d’aujourd’hui. Ce bonheur d’un jour passa donc sous le nez des marchands genevois qui, lors de la « révision », une coutume illégale qui se passe, après la vente officielle, dans l’arrière salle d’un bistrot, obtinrent quelques deniers pour ne pas avoir eu l’outrecuidance de faire monter les enchères. Bien qu’ignares au départ sur la valeur réelle de l’objet, ils avaient compris, mais un peu tard, qu’il valait bien plus que cela.

     

    En effet, deux mois plus tard, à la salle des ventes de Drouot, l’objet fut acheté par les « Domaines » pour la somme de 300.000 (trois cent mille) euros, toutes taxes comprises. C’était le « Bonheur du jour » de l’Autrichienne, - et de l'intermédiaire - avec l'estampille d'un ébéniste célèbre, sur lequel elle avait certainement écrit ses dernières volontés avant d’être incarcérée à la maison du Temple puis à la Conciergerie!

     

    P.S… A l’époque, le Président de la République était de gauche ! La sauvegarde du patrimoine culturel doit être apolitique...

  • La table de Lénine existe!

    Un article paru dans le Nouvel Obs de la semaine passée, sous la signature de François Caviglioli, nous informe que le Parti communiste français a liquidé son musée situé dans l'immeuble où Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine, avait séjourné à Paris de juillet 1909 à juin 1912. On a déménagé incognito sa bibliothèque, sa casquette, ses lunettes et peut-être d'autres objets.

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    Lénine a habité à plusieurs reprises en Suisse et notamment à Genève, durant quatre ans, entre 1895 et 1908, puis en 1915 et en 1917 d'où il est parti pour rejoindre Moscou et la révolution bolchevique. Il fréquentait assidûment la Brasserie Landolt, située vis-à-vis de l'Université et de la Bibliothèque publique et unversitaire.

     

    A l’époque, les immigrés russes fuyant l’Okhrana, la police secrète du tsar, sont nombreux à Genève. «Ils sont plusieurs centaines à l’Université. On les rencontre aux cours de l’Aula, au patinage, autour d’un jeu d’échecs, chez Landolt», peut-on lire dans la Gazette de Lausanne du 27 janvier 1905. «Ils travaillent, ne se livrent pas et ne racontent volontiers leurs affaires à personne. Aussi le public forge-t-il sur leur compte quantité d’histoires à dormir debout. »

    Le père de la révolution russe aurait gravé son nom sur une table de la Brasserie Landolt. La table de Lénine, c’est un peu comme l’Arlésienne. Tout le monde en parle, mais personne ne sait où elle se trouve… A-t-elle seulement existé? Nous savons que Lénine a fréquenté le local de Zofingue. Nous retrouvons la trace de son passage dans Séjours de Lénine en Suisse, un livre soviétique édité en 1971 à Genève: «En octobre 1915 s’est tenue dans la salle de la Société étudiante « Zofingue », une réunion formée du parti du groupe bolchevik de Genève. Lénine présenta un rapport sur la Conférence de Zimmerwald. »

    Coup de théâtre. Le 21 février 1987, le Journal de Genève affirme avoir retrouvé la trace de la table de Lénine. «Admirateurs du révolutionnaire russe, fétichistes, historiens ou simples curieux, vous pouvez être rassurés: la table de Lénine est dans les murs de la Cité de Calvin, gravée de toute part, polie par les années et les flots de bière qui s’y sont déversés. »
    Où ça? Chez Zofingue, à la rue des Voisins. «Depuis 1985, elle trône dans le local de l’association d’étudiants et rend encore de bons et loyaux services aux buveurs de bière», affirme le journaliste. Ce qui est certain, c’est qu’aujourd’hui, la table ne se trouve plus à la rue des Voisins. Murat Alder, vice-président de Zofingue, tombe des nues. Il n’en avait même jamais entendu parler.

    Une version que confirme Henri-Albert Jacques, trésorier des Vieux Zofingiens. «Ce n’est pas une légende. Je me souviens que sur l’une des tables figurait le nom de Lénine, gravé au couteau, en lettres majuscules. » Etudiant dans les années 50, il fréquentait lui aussi le bistrot de la rue de Candolle. «A l’époque, figuraient six ou huit tables rondes de grandes dimensions, en bois dur, sur lesquelles les membres des sociétés d’étudiants pouvaient graver leur nom, ce que j’ai d’ailleurs fait moi-même. » (Extraits d'un article paru dans la Tribune de Genève en 2006)

     

    La table existe, je l'ai vue!

     

    Il y a quelques années, lorsque j'exerçais le métier d'antiquaire, j'ai fait la connaissance d'un vieux bougre, Alexandre, un ancien forain dont la ferme, un vrai capharnaüm, regorgeait de mille objets plus hétéroclites les uns que les autres. Semaine après semaine, je lui rendais visite, lui offrais une bouteille de gros rouge et, selon son humeur, il consentait à me vendre un objet ou un vieux meuble. J'avais réussi à gagner sa confiance. Un jour, il me montra quelques vieilles tables de bistrot en noyer du Japon, me dit-il. L'une après l'autre, il me les vendit, sauf une recouverte d'un vieux drap mité. Elle était vendue à des messieurs de Paris qui allait venir en prendre livraison moyennant un gros chèque. C'était la table de Lénine et l'acheteur de Paris n'était autre que le PC !

    Lors de la vente et de la transformation de la Brasserie Landolt, en 1979, ce malin de vieux bougre avait acheté tout le mobilier qui datait du début de siècle! J'ai toujours pensé que son acquisition n'était pas totalement fortuite...

  • Le patron de Charlie Hebdo a-t-il fait son Sinéma?

  • Charlie-Hebdo à la une!

    Charlie-Hebdo a fait la "Une" des journaux avec le renvoi de Siné pour antisémitisme...

    Voici quelques "Une" de ce canard boiteux qui brocarde les religions, le racisme et la politique!

     

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  • GENEVE LIBRE !

    Genève indépendante...  

    Il y a 20 ans, j'ai créé « Le Mouvement Genève Libre » dont le but était de rétablir la République de Genève, de se séparer de la Suisse pour adhérer à l'Europe dont la Suisse n'avait cure. A l'époque, cette initiative a eu un retentissement considérable dans le monde politique helvétique et dans les médias.

     

    La Charte d'Indépendance, élaborée avec mon collègue Patrick-Etienne Dimier, fixait le mode de fonctionement politique, économique et social de cet Etat redevenu indépendant.

     

    La débat fut épique entre les partisans et les adversaires de ce projet. Les sondages d'intention de la « vox populi » articulaient des pourcentages de l'ordre de 25% !

     

    Cette initiative a certainment eu le mérite de secouer le cocotier jusque dans les instances fédérales et d'accélérer le processus de concertation avec Bruxelles pour aboutir à des accords bilatéraux. Des jeunes ont pris la relève sous une autre forme de combat et j'ai décidé alors de mettre en sourdine ce mouvement.

     

    Quelle n'est pas ma surprise de découvrir, ce jour, dans un blog de la Tribune de Genève une tentative d'un groupe politique de droite de remettre cette idée sur pieds. Il va sans dire que je ne partage pas leur programme populiste même si certaines idées sociales ont été reprises mot pour mot dans la Charte!

    Fred Oberson

  • Jours et nuits de fêtes en Provence

    Drôle de pays que la Provence… Pendant que des hordes de touristes se dorent quasiment à poil sur les plages du littoral, à quelques lieux de là, les Arlésiennes, engoncées dans leurs costumes chatoyants, se sont rassemblées au théâtre antique pour la passation des pouvoirs de la XIXe à la XXe Reine d’Arles. Elles ont toutes des visages de madone, une taille affinée par le corset de grand-mère, une voilette de tulle sur la poitrine pour cacher une gorge que l’on devine compressée par des bandelettes. Pas un brin de peau, de mollet ou de cheville graciles ne transparait. On ne sait pas vraiment s’il s’agit de la fête du costume ou des belles de juillet qui se dissimulent sous trois couches de jupons. Qui dit que demain on ne les retrouvera pas en tenue d’Eve sur la plage naturiste de Salin de Giraud ?

     

    Mais voilà que Châteaurenard fait dans le rustique, le lourd, le massif avec plus de 70 chevaux de traits attelés à la queue leu leu à la « Caretto Ramado », une énorme charrette, un tombereau du temps jadis fleuri de rameaux d’oliviers et de gerbes de blé fraichement coupés. L’attelage déboule au galop à travers la cité manquant à chaque virage de se renverser. La fanfare d’honneur de cette fête folklorique vient de Châtel-Saint-Denis, en Romandie, le bourg dans lequel s’entrainaient, le mois passé, les bleus sur un terrain de 4ème ligue… Le football rapproche les peuples,les divise etles classe…

     

    Les gardians, les manadiers, les taureaux et les chevaux de Camargue sont eux aussi de la fête lors de la plus prestigieuse course au raset dans les arènes d’Arles dont le vainqueur se verra décerné la Cocarde d’or et le taureau son troisième trophée consécutif.

     

    Quittant le delta du Rhône par la Côte Bleu on atteint les faubourgs de Marseille, puis le Vieux Port ou se déroule, sous une chaleur écrasante, la finale du « Mondial de la pétanque » où tous les coups de boule sont permis !

     

    Depuis l’arrivée des premiers vacanciers, le pays est en effervescence. Au soleil couchant, chaque village organise son « festival », histoire de faire la nique à Aix, Avignon, où Salon. Le blues à Cabannes avec Louisiana Red venu tout exprès de Chicago. A Lamanon, un américain lui aussi : Wes Mackex de la Caroline du Sud. Le folk, le countryen Provence sont les musiques de la terre, les chants du sol !CharlElie Couture s’est posé «Comme un avion sans ailes » à Saint-Martin de Crau et à découvert la fraîcheur des Petites Bourrettes…qui, contrairement à ce que l’on pourrait croire, ne sont pas de petites nénettes ! Il y a tant d’artistes au sud en ce moment qu’on ne saurait les citer tous. Par delà les collines, on entend des airs de flûte du côté d’Eygalières. On se rapproche bercé par la « Flûte enchantée » de la célèbre Julie Scolnick, une américaine qui a choisi de résider dans ce vieux village typique et offre aux Eygalièrois un concert prestigieux à l’église.

     

    En attendant la suite un petit coucou de celui que vous aimez:

     

    http://www.dailymotion.com/video/x1rffg_camargue_animals

  • L'expo de Christian Lacroix à Arles



    Les Rencontres photographiques d'Arles sont ouvertes depuis lundi. Il y a tellement d'expos à découvrir que l'on ne sait plus laquelle choisir. Je vous en propose une, celle de Christian Lacroix au Musée Réattu.

    © Diapos de Frédéric Speich

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    Le musée Réattu, aux bords du Rhône, a été "repeint" en rose fushia par le couturier arlésien.

     

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     Les maîtres provençaux et les décors qu'ils ont planté ont aussi inspiré les couleurs utilisées par Christian Lacroix.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

      

    "Comme ces conservateurs de musée qui vivaient et décoraient leurs lieux de travail, j'ai fait de même au musée" dit le créateur.

     

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    L'inspiration, c'est aussi les années " Vallauris" et l'influence de Picasso que le gamin Christian Lacroix découvrait dans les années 60'.

     

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    Il a dessiné lui-même la moquette de cette salle où les photographies de Katerina Jebb dialoguent avec ses créations.

     

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    L'histoire, les accessoires de ces ancêtres découverts dans les salles du musée Réattu se retrouvent dans les vêtements. Un dialogue, sous le regard de Christain Lacroix.


      

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    Pour la première fois, Christian Lacroix présente ses propres carnets de croquis, préalables à ses collections.

     

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    Daniel Firman, invité, a joué avec le designer sur le thème de l'Arlequin à partir de vêtements de sport...

     

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    De quoi parlent ces belles dames, posés sur une fabuleuse moquette ? On ne sait plus où poser le regard.

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    Carte blanche à Marc Turlan sur le thème du remerciement : celui que fait Christian La croix à sa ville ?

  • Viva Espana !

     

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    Vive mon ami le roi démocrate!

     

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  • Week-end en Provence...

    baux.jpg Les Baux de Provence

    La France est battue à plates coutures, elle panse ses plaies et rentre à la maison… La Suisse aussi. Rien ne sert de pleurnicher. Débranchez votre poste de télévision. Y a plus rien à voir. Sautez dans le TGV, de Paris ou d’ailleurs. Rejoignez le sud, Avignon, Marseille, la Provence.

    Le soleil brille, vous réchauffe le corps, vous met du baume au cœur. Il y a mille occasions de se distraire, de faire la fête dans les villages. Celle des costumes, du ruban, de la course de taureaux.

    Le mois de juin est le plus agréable de l’année. Les journées sont longues, il fait encore jour à 22 heures. La mer est frisquette. Qu’à cela ne tienne, visitez l’arrière pays, la Camargue et ses manades, Arles, ses arènes, le théâtre antique et ses musés, les Baux de Provence et sa cathédrale d’images, St Rémy de Provence et le site romain des Glanum.

    Ces évocations vous font rêver, n’est-pas ? Comme Tartarin de Tarascon et le moulin de Daudet à Fontvieille. C’est un avant-goût des vacances. Les collines des Alpilles sont encore vertes de la pluie du printemps. Vous sentirez l’odeur du foin dans la plaine de la Crau, le thym et le romarin dans les garrigues.

    Faites la tournée des moulins à huile d’olive et des caves viticoles. Les vignerons des Côtes du Rhône ont mis leur tonneau en perce. Dégustez le vin nouveau à Visan, à Sablet, à Valréas, à Gigondas, à Lirac ou à Château Neuf du Pape. Faites bombance de restos en restos. Les Provençaux ont le sens de l’hospitalité et vous accueillent avec l’accent du midi !

  • La vie comme elle va..

    Pluie. Soleil. Vent. La météo joue au yo-yo comme un pantin désarticulé.

    La bourse, devenue incontrôlable, lui donne la réplique.

    Le baril, lui, est résolument à la hausse mettant la planète en déroute.

    Condamnés sans mot dire à faire des chèques auxcheiks !

    Tour à tour les pécheurs et les camionneurs bloquent les ports et les routes.

    Les fabricants de bicyclettes augmentent les cadences.

    Le blé et le riz  se négocient au prix de la truffe ou du caviar.

    Le tiers-monde meurt encore plus vite de faim.

    Le non-pouvoir d’achat s’incruste comme le simoun, bloquant les rouages de l’économie.

    Pour oublier leurs maux de tête, les chefs d’Etat ont fait bombance à Rome avec le facho de service.

    Un noir américain a toutes les chances d’être assassiné pour qu’enfin une femme devienne présidente à l’automne.

    Que l’on se rassure...

    Avec le réchauffement de la planète, on fera des économies de chauffage.

    Le football est roi et subjugue les foules.

    Dans deux mois, la Chine célèbrera les droits de l’homme sportif et citoyen.

  • Le Prix Inter m'interpelle?

    Mangel.jpgAlberto Mangel

    Comment ne pas se réjouir de l’attribution du PrixInter à Henry Bauchau, pour son livre : « Le Boulevard périphérique » chez ActesSud. C’est une récompense méritée pour l’œuvre de cet auteur prolifique d’origine belge, âgé de 95 ans. La trame de ses romans est toute entière orientée sur le mal être qui le taraude depuis l’enfance. Ecrire est pour lui une nécessité vitale. Comme l’oxygène… qui lui a permis de vivre, d’atteindre son grand âge et de conserver toute sa lucidité sur les événements de la vie et de la sienne en particulier.

     

    Lors de la sélection des 24 jurés, j’avais protesté par courriel auprès de Vincent Josse et son émission : « L’Esprit critique » contre le fait qu’aucun membre n’ait été choisi en Belgique et en Suisse francophones. A priori, ces gens-là…ne lisent pas la littérature parisienne ! Pas plus que les millions de Canadiens et d’Africains de langue française. Choix donc éminemment franchouillard fait par cette radio du Service public qui devrait modifier sa raison sociale en « France Intérieure ».

    Remercions donc les jurés français d’avoir rectifié le tir en choisissant un auteur belge. Encore que ce verdict m’interpelle. Ne serait-il pas entaché d’un voile de copinage et d’intérêts ? Comme le Goncourt que l’on surnommait avec malveillance : galligraseuil…

    Voici les faits : Après cinq heures de délibération les jurés ont attribué 12 voix au livre de Sorg Chalandon, « Mon traitre » (Grasset) et 12 voix à celui de Bauchau chez Actes Sud.

    La voix du président, Alberto Mangel, comptant double, il a départagé le jury en l’attribuant en son âme et conscience à Bauchau. Le juré-président est l’auteur de « Une Histoire de la lecture » prix Medicis de l’essai en 1998, publié chez Actes Sud ! Mais je suis mal intentionné de vous dire que Mangel a dirigé la collection « Le Cabinet de lecture » chez Actes Sud et que, pure coïncidence, tous ces livres sont édités par la célèbre maison d’Arles !

  • Château de Chillon...

    chateau-haut-chillon.jpgJ’ai volontairement… omis de vous dire, lors de mon précédent article bucolique sur le Lavaux, qu’une autoroute partant de Lausanne traverse de part en part cette région pour atteindre Vevey, Montreux, passe au dessus du Château de Chillon, s’en va vers la vallée du Rhône, puis pénètre dans le Valais, au cœur des Alpes.

    Quel crime de lèse-écologie que cette balafre qui partage les vignobles, les villages et les collines en deux. Construite il y a plus de quarante ans, elle a fini par s’intégrer dans le paysage et, depuis le bas, le bord du lac, on la distingue à peine, on oublie même qu’elle existe. Cela s’est fait bien avant la prise de conscience de sauvegarde du patrimoine et des sites.

    Le Château de Chillon est une ancienne forteresse édifiée par la famille de Savoie sur un îlot rocheux dont l’occupation remonterait à l’Age du Bronze. Cet emplacement stratégique commandait le passage entre le nord et le sud de l’Europe. Durant l’occupation bernoise (1536-1798), le château conserva son rôle de forteresse, d’arsenal et de prison.

    Laissé quasiment dans l’oubli, il recouvra une certaine notoriété grâce à Rousseau qui situa un épisode de La Nouvelle Eloïse, à lord Byron et son poème : The prisoner of Chillon.

    Au cours des siècles et jusqu’à ce jour, il subira de nombreux travaux de transformation, d’agrandissement et d’entretien.

    Plus de trois cent mille visiteurs ont franchi le pont-levis l’an passé pour découvrir cette remarquable bâtisse historique.

     

    Tout savoir sur le Château de Chillon : http://www.chillon.ch

     

    Tout savoir sur le Montreux Jazz Festival qui aura lieu du 4 au 19 juillet 2008 :

    http://www.montreuxjazz.com

     

    Tout savoir sur le Festival de Musique Classique « Septembre Musical » qui aura lieu à Montreux et Vevey du 28 août au 14 septembre 2008 :

     

    http://www.septmus.ch

  • Dimanche matin...

    Que faire un dimanche matin ? L’embarras du choix. Question de météo. S’il fait beau, papa enfile son training, court à la boulange en traînant le caniche qui s’essouffle, achète le JDD de Lagardère (encore lui !), prépare le café, les tartines. Il sonne le rappel : "tout le monde debout, à table ! Et que ça saute les mômes. On part en balade, à pieds bien sûr, au prix de l’essence, la six cylindres reste au garage. D’ailleurs la station est à sec depuis trois jours."

    Merde, il pleut. Changement de programme. Que faire ? Le petit se planque devant la télé pour les BD. Eh ! toi la grande, révise ton bac, c’est dans trois semaines. Maman se met en cuisine, mijote une daube provençale. Papa allume son PC, non, erreur, son Mac car il ne supporte pas l’hégémonie de Microsoft.

    Revue de presse. Toute la presse est là, à portée de souris. Pas grand-chose à se mettre sous la dent le dimanche. Sarko est encore en baisse dans les sondages et porte plainte pour contrefaçons et détournement de sa « marque »… qui, sauf erreur, appartient à tous les Français. Du moins à ceux qui l’ont élu ! Ah ! voici une bonne nouvelle : une belle française devient princesse du Danemark. Puis une deuxième : Marulanda, le chef des FARC, est mort depuis deux mois, ce qui pourrait faciliter la libération d'Ingrid Betancourt.

    Chemin numérique faisant, il découvre Mediapart. "Tiens, " se dit-il, c’est un autre journal interactif, conçu spécialement pour le Web, qui ne ressemble en rien à d'autres succédanés de la presse courante. Il passe en revue les vidéos des fondateurs, de Plenel, de Bonnet, de Mauduit, de Desportes et de bien d’autres acteurs de cette nouvelle aventure de presse indépendante. Il se propose de rejoindre le Club, de créer son blog, d’exprimer sa critique, son blâme sur certains faits. Par exemple l’homicide du gitan de Draguignan par un officier de gendarmerie, en quelque sorte « LE PERMIS DE TUER ».

    D’ici là, en cet après-midi de pluie, il se planquera devant la télé, pour voir le Grand Prix de Monaco !

  • Permis de tuer...

    Permis de tuer...

    Pistolet.jpgQue c'est-il passé à Draguignan vendredi soir ?

    Rappel des faits :

     

    La gendarmerie arrête José, un homme de 27 ans appartenant à la communauté des gens du voyage car son nom est apparu dans un dossier concernant l’agression et la séquestration d’un chauffeur routier. Il est menotté et placé en garde à vue dans la résidence de la compagnie de gendarmerie de Draguignan. On l’autorise à fumer une clope dans l’escalier de service sans aucune surveillance.Profitant d’une extinction de la lumière, il saute par la fenêtre dans le jardin, escalade une barrière, s’agrippe à un arbre et cherche à s’enfuir. Il faisait nuit. Le maréchal des logis-chef, officier de police judicaire tire sept balles dans sa direction dont l'un des projectiles l’atteint dans le dos!.

    C’est ni plus ni moins une mise à mort comme on le ferait pour un sanglier venu piétiner les plates-bandes.

     

    Questions :

     

    Pourquoi a-t-on laissé cet homme menotté seul dans l’escalier ? Pour le tenter de se faire la belle et de le tirer comme un lapin ? Car, quelle chance avait cet homme entravé de pouvoir s’enfuir sans être rattrapé ? Parce que le délit de faciès pour les gens du voyage, les arabes et les noirs est d’usage dans la police ou la gendarmerie puisqu’ils sont plus souvent victimes debavures que les autres ?

     

    Indignation au pluriel sur les commentaires parus dans un journal de droite, soutien indéfectible d’un ex-ministre de l’intérieur

     

    « Les gens du voyage ne sont pas contents en France, alors qu’ils aillent voyager ailleurs. »

    « Ne laissons plus nos policiers etgendarmes se laisser tirer dessus comme des lapins sans réagir. »

    « Je pense qu’on devrait lui décerner une médaille au gendarme. »

    « L’erreur de ce gendarme a été de l’autoriser àfumer une cigarette. »

    « C’est une honte de mettre un gendarme respectable en examen. »

    « Bravo Madame la Ministre, la gendarmerie est à bout et vous prenez le risque de l’accabler un peu plus. »

    « Les gendarmes sont les derniers protecteurs de notre nation. »

     

    Et voici le commentaired’unsage :

     

    « Chacun s’enflamme dans son coin. Les commentaires sont comme d’habitude : poujadistes, racistes, jusqu’au-boutistes, irréfléchis. »

  • On a un bien joli canton...

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    Pour nos voisins français qui lisent la "Julie"

    Rien qu’à lire cette phrase : « On a un bien joli canton » extraite du poème de Gilles, je prends « l’accent » du Gros de Vaud, la « Beauce » vaudoise, une plaine vallonnée, des étendues de cultures qui s’étendent jusqu’aux Etablissements de la plaine de l’Orbe, le pénitencier des banquiers et autres malfrats. Les fermes cossues, les greniers à blé s’étendent de Lausanne à Yverdon-les-Bains, à l’extrême sud du lac de Neuchâtel. Une région de gros paysans, de nantis dont la plupart ont troqué leur Mercedes contre une Toyota. Ca eut payé mais ça paye moins !

    Le canton de Vaud est le plus grand de Romandie. Il fut colonisé par les baillis de Berne durant plus de 200 ans, un record mondial. Les « Bernois » prirent la poudre d’escampette en 1798 par crainte de l’arrivée de l’armée de Bonaparte qui plaça le canton de Vaud et de Genève sous sa protection, puis créa le département du Léman, un épisode éphémère qui laissa néanmoins des traces jusque dans le système juridique d’aujourd’hui.

    Bien qu’il soit originaire du Gros de Vaud, le poète et chansonnier Gilles n’avait pas la rudesse des agriculteurs mais la finesse des vignerons du Lavaux, la région où il prit vie, celle des mythiques vignobles en terrasses classés patrimoine mondial de l’Unesco. Des appellations de vins blancs qui flattent nos papilles : Chardonne, Désaley, Epesses, Riex, St-Saphorin, Villette qui ne sont pas commercialisés à l’étranger. C’est à nous, comme dirait un Vaudois pur sucre !

    Le Lavaux surplombe le lac Léman, fait face à la côte française, à la ville thermale d’Evian qui ne fait que de l’eau. Sans forfanterie, la route de la Corniche qui se faufile à mi-hauteur entre les vignes, offre au visiteur un panorama unique au monde que l’on appelle la Riviera vaudoise. Elle a attiré nombre de personnages illustres, Igor Strawinsky, Charlie Chaplin au manoir de Corsier, le poète anglais lord Byron au légendaire Château de Chillon, sans oublier le siège de la multinationale Nestlé à Vevey pour l’économie. Il faut bien vivre, crénom de sort !

  • Un "fada" en Provence...

    Cit___radieuse_fa__ade.jpgLa Cité Radieuse

     
    Hasard du calendrier, je me suis retrouvé pour la première fois de ma vie dans un consulat helvétique, celui de Marseille. Invité samedi midi à une agape organisée par la Société Suisse de cette ville, j’ai plongé tête baissée dans une atmosphère patriotique digne d’un premier août, notre fête nationale. Le consul, un vaudois débonnaire, accueillait ses invités en toute simplicité et s’exprimait avec « l’accent » typique de la région du Chablais située entre lac et montagnes où le Rhône quitte son lit pour se perdre dans le Léman. Il parait que près de trente mille« Suisses » sont établis dans la région Paca. Discrétion helvétique oblige… j’ai remarqué que, passé la porte principale, leportable refusait tout service !

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    Billet de 10 francs suisses à l'effigie de Le Corbusier


    Par pur hasard encore, je me suis retrouvé, l’après-midi, dans la maison du fada, surnom que les Marseillais usent et abusent pour désigner la construction de l’architecte fou de la Cité Radieuse ! Et le fada en question n’est autre Charles-Edouard Jeanneret alias Le Corbusier, un Suisse de la Chaux-de-fonds (Neuchâtel).

    Cet immeuble d’avant-garde, édifié entre 1945 et 1952 au boulevard Michelet, est l'une des cinq unités d'habitation construites par Le Corbusier au cours de sa carrière. Essentiellement composé de logements, il comprend également dans ses étages centraux des bureaux et divers services commerciaux (épicerie, boulangerie, café, hôtel / restaurant, librairie spécialisée, etc.). Le toit terrasse de l'unité, libre d'accès au public, est occupé par des équipements publics : une école maternelle, un gymnase, une piste d'athlétisme, une petite piscine et un auditorium en plein air. Une unité de vie autonome et toute en hauteur qui n’est pas s’en rappeler un certain petit pays !

    Classée monument historique, la Cité Radieuse est de plus en plus visitée par des touristes et ses logements exercent un nouvel attrait auprès d'une population de cadres et de professions intellectuelles.

    Figurez-vous que je n’en avais pas encore fini avec la Suisse !Dimanche, les vignerons de la Vallée des Baux tenaient leur salon des vins au Château d’Estoublon-Mogador qui eut ses heures de gloire avec lasérie télévisuelle : Les Gens de Mogador. Il ne manquait que la célèbre chaise-longue du Corbusier pour me prélasser dans les jardins de cette demeure aristocratique qui appartient, je vous le donne en mille, à des Suisses ! Ouf ! vivement lundi car le "fada" n'est peut-être pas celui qu'on croit!

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    Chaise-longue créée vers 1929 par Le Corbusier. En peau de vache helvétique?

     

    A découvrir le site de la Fondation:

     

    http://www.fondationlecorbusier.asso.fr

  • Pour nos voisins...

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    La Suisse existe, paraît-il, même si elle ne fait pas partie de l’Europe, bien que géographiquement située en son cœur. Mais il n’y a pas des « Suisses » comme il y a des Français ou des Italiens… Pour ses habitants, le terme « suisse » est, pourrait-on dire, virtuel. Il n’a pas de consistance bien qu’il soit utilisé à tort et à travers pour désigner les Helvètes, les citoyens de la Confédération Helvétique. D’où le logo officiel "CH " qui remet les termes à leur juste place. La « confédération » est une union de plusieurs Etats qui, tout en gardant une certaine autonomie, sont soumis à un pouvoir central et s’assemblent pour former un seul Etat vis-à-vis de l’étranger.

    Les Helvètes sont un ensemble de peuples celtes ou germano-celtiques, établis sur le territoire de l’Helvétie actuelle et limitrophes des Germains subrhénans. C’était le cas à l’origine mais aujourd’hui, avec l’immigration, il y a davantage d’Helvètes d’origine étrangère naturalisés. Pour compliquer cet amalgame de peuplades et respecter leur diversité, on y pratique quatre langues dites nationales dûment inscrites sur les billets de banque !

     

    N’allez surtout pas interpeller un « Suisse » par le terme « suisse-allemand, suisse-italien, suisse-romanche ou suisse-romand ». Sa fierté de Bernois, de Tessinois, de Grisonais ou de Vaudois en prendrait un sale coup. Cette spécificité cantonale demeure dans tous les esprits et les mœurs. Je ne saurais donc illustrer mon propos sans citer et vousfaire écouter le poème « La Venoge » du chansonnier vaudois Jean Villars-Gilles qui eut ses heures de gloire à Paris, en 1947, dans son cabaret « Chez Gilles ». (à suivre)

     

    Si vous aimez les vaudoiseries, la TSR dans ses fabuleuses archives nous offre La Venoge. (Tapez sur La Venoge)

  • L'attrait de la mer...

    La_mer-14_05_08.jpgLa mer exerce sur les hommes une attirance, une fascination qui dépassent l’entendement. D’accord en été, aux fortes chaleurs, où les gens du nord se tapent des centaines de kilomètres de macadam bouchonné pour faire trempette au sud ou à l’ouest. Course au soleil, à la nudité, à l’exotisme, à la fête, à l’oubli d’une année maussade et besogneuse. Mais au début mai, qui sont-ils, que cherchent-ils ces milliers d’individus déambulant sur les quais des cités balnéaires ? La plupart sont des autochtones qui abandonnent leurs immeubles déshumanisés, leurs quartiers populeux, leurs pavillons d’arrière pays pour se mouiller les orteils dans l’eau glacée rejoints, le temps d’un « pont » de l’Ascension et de Pentecôte, par une horde d’accrocs du bitume. Merci Dieu, les fêtes religieuses ont leurs raisons d'être!Il y a les « vieux », les retraités qui cherchent un brin de soleil pour réchauffer leurs membres engourdis par l’hiver.

    Cela donne un coup de fouet à l’économie morose. Les terrasses des bistrots font le plein, les restos sentent la friture à quatre sous vendue au prix du loup de mer. Durant quelques heures, les quidams s’imaginent être des nababs, rêvent d’une croisière en mer sur ces yachts d’un blanc immaculé, scotchés dans les ports de plaisance. Plaisance, comme il sonne doux ce mot à nos oreilles ! Envieux, ils observent les rares manœuvres d’accostage en plein cœur des ports qui s’incrustent dans la ville. Pour un peu, ils sont capitaine, skipper, matelot au long court pour partir, pour aller ailleurs, pour changer d’air. Depuis la terre, la mer enflamme, hypnotise le regard, attire l’homme en quête d’aventure. Il n’y a qu’un pas pour s’identifier à Marco Polo, à Christophe Colomb, à Cousteau, à Bombard et bien d’autres. Une fois en mer, au loin, c’est l’inverse qui se produit, c’est le rivage aperçu qui incite l’homme à l’accostage, à la découverte de terres inconnues.

    Les psychologues ont certainement émis toutes sortes de thèses plus savantes les unes que les autres pour expliquer l’attraction viscérale de l’homme pour la mer. Et si c’était tout simplement parce que l’homme vient de la mer ? N’est-elle pas notre mère à tous ?

  • Du pain et des jeux!

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    La célèbre formule "Du pain et des jeux" date de l'Antiquité romaine.
    C'est Juvénal qui en est l'auteur. Il l'a écrite pour évoquer les besoins fondamentaux du peuple de Rome qui vivait alors dans la misère. Pour éviter les émeutes et les révoltes, les consuls et les empereurs ont organisé des distributions de farine gratuite, avec l'aide des boulangers devenus fonctionnaires d'Etat au 2ème siècle avant J-C. Cette tradition s'est maintenue jusque sous Aurélien.

    Plus de deux mille ans se sont écoulés depuis cette époque et le peuple de France réclame à cor et à cri du pain que l’on nomme aujourd’hui le pouvoir d’achat !

    A défaut d’obtenir ce qu’il demande, il se rabat alors sur les jeux du cirque, tout au moins ici en Provence. Le pont de Pentecôte est propice à la fête et l’on se déplace à tout va pour assister à la Feria de Nîmes. Peut-être parce qu’ils ont faim de tout, les hommes sont des trompe-la-mort. Le Français Castella affronte cinq toros en un jour alors que son collègue espagnol se retrouve à l’hôpital après l’estocade. Le matin et l’après-midi, les toreros risquent leur vie dans les arènes et le soir les aficionados se soûlent  dans les bodegas jusqu’au coma éthylique, le temps d’oublier leur condition précaire.

    Dans tous les villages, ce n’est que joutes taurines : corridas de novillos, courses camarguaises, abrivados, ancieros et spectacles équestres. Le peuple vibre de joie et, à défaut de pain, s’enivre du sang des bêtes de cirque.

    Les pacifistes s’en iront au marché aux fleurs et aux plantons de Tarascon puis accompagneront les bergers et leurs milliers de moutons à la transhumance de Saint-Rémy-de-Provence. Comme au bon vieux temps !
  • 3. Le vieil homme et la mer...(suite)

    1597575012.jpgLe lendemain, sa majesté Eole fait grasse matinée, il nous fausse compagnie jusqu’à midi, puis traine sa patte de podagre. Sans doute a-t-il des remords de nous avoir secoués la veille comme des pantins, manquant nous envoyer par-dessus bord. Pas la moindre risée, les voiles pendouillent comme les oripeaux délavés d’une armée en déroute. Quelle punition d’être scotché par longitude 5°  45-021 est et latitude 43°  06 ; 525. (Précision destinée aux spécialistes)

    Une mer d’huile nous fait des clins d’œil comme mille lucioles d’argent. Telle une femme débauchée, elle incite le marin  à se vautrer comme un dauphin dans son immensité liquide. Elle nous tend un piège de courtisane frigide, hautaine et glacée qui, pour une fois, ne pourra se gausser de nos attributs engourdis. 

    Notre fier voilier se mue en un vulgaire rafiot à hélice pour nous balader clopin-clopant d’une île à l’autre du levant au couchant. Au mouillage de l’Anse d’Argent, aux abords de Porquerolles, une bonne trentaine de voiliers - l’équivalent d’une dizaine de millions -  nous tiendront compagnie le temps d’une nuit. Pareils à des danseurs mondains, ils tourneront sur eux-mêmes au gré de la brise nocturne.

    En mer, il est déconseillé de perdre la boussole. C’est pourtant ce qui nous est arrivé malgré toute l’électronique embarquée à bord : sonar, radar, GPS, traceur de cartes, V.H.F. Donc pas d’excuse de perdre le nord en cherchant l’ouest ! Si l’histoire n’était pas si cocasse, il ne vaudrait même pas la peine de la conter. Une parodie de la chanson de Brel : « tu as voulu voir Vierzon et tu as vu Vesoul ». Nous voulions voir Cassis et nous avons vu Marseille ! Typique de l’histoire véridique de la sardine qui avait bouché le Vieux Port.

     

    Partis de Bandol, nous cabotions gentiment au large de la côte avec cap sur Cassis. Les milles s’ajoutant aux milles, nous trouvions le voyage longuet. Les calanques dites de Cassis… n’en finissaient pas de nous montrer leurs corps dénudés. Au loin le clocher d’une église montra son nez. « C’est la réplique de la Bonne mère », nous dit le skipper dont je tairai le nom pour ne point nuire à sa réputation hauturière. Et de découvrir une rade immense, des immeubles haut perchés, puis au fond de la baie, un vieux village. « C’est là bas que se situe le vieux port de Cassis », dit-il encore.  Depuis que l’on bétonne les bords de mer, rien n’est impossible.

    Occupés à scruter l’horizon dans le but d’apercevoir des mats de bateau et ce soi-disant port, nous n’avons reconnus ni la Pointe Rouge, ni la plage du Prado, ni la Corniche Kennedy qui défilaient à tribord, encore moins les iles du Frioul à bâbord. Enfin, une passe s’offre à nous entre un fort et une tour ronde, puis un écriteau qui mentionne : Vieux Port de Marseille ! Est-ce le petit blanc (cassis)  et le soleil de midi qui nous ont tourneboulé la tête et la boussole du navire au point de commettre une telle bourde? Nous n’en pouvions plus de rire de notre méprise et nous en rions encore. Un exploit digne de figurer au Guinness book de la mer !